‹ Double règne (volume 2)Chapitre 98 sur 191 · CHAPITRE XVIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XVIII

Raymond a salué froidement. Le plus cruel des chefs de la ligue, le plus implacable ennemi de la reine Blanche , le fameux comte de la Marche était en effet devant lui. Au panache couleur d^ébène qui dominait son front sauvage , à son attitude, à ses gestes, au sifflement de sa parole, on eût dit un vautour humain prêt à fondre sur quelque proie.

Le premier mouvement du comte de Toulouse avait été de cacher dans son sein le message de Tinconnue. Quelques hommes armés se tenaient derrière le sire de Lusignan ; il les regarde d\m air calme ; et, se retournant vers leur chef, il reprend d^un ton assuré.

« — Que cherchez-vous ici ? seigneur » comte !

)) — Et vous ?

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» — Moi !... je m\v reposais.

» — Quoi ! reposer ! . . . quand par den voir, il eût fallu peut-être veiller , Poeil » au guet et Tarme à la main !

)) — De quel droit cette observation î . . . )) Qu''en savez- vous ! Où mène-t-elle ? En » tous cas, vous qui parlez des devoirs )) dVutrui , êtes-vous sûr vous-même , )) messire, d^ avoir, partout et de tout temps, )) rempli fidèlement les vôtres ? )>

Un sourire profondément sardonique a été la seule réponse du chef. Une forfanterie louche et hargneuse était empreinte sur sa physionomie ; et la fourberie de son ame perçait dans la malignité de son regard.

<( — Allons au fait , réplique-t-il ; et » laissons-la d^oiseuses questions. L'armée )) delà ligue est trahie. Notre cause est en

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