‹ Double règneChapitre 10 sur 137 · CHAPITRE I · texte numérisé non relu

CHAPITRE I

» gens d'écriture, il est du devoir des chré- » tiens d'interrompre la jaserie.

» — Et ça s'interrompt par la dague?

)) — Juste : les morts ne causent plus.

» — Un Albigeois, c'est donc comme un » sarrasin, un mécréant?

» — C'est cent fois pis.

)) — On m'a acertainéen effet, dit un ap- » prenti tonnelier, que semblables à certains » cerfs et taureaux du pays , les Albigeois, » en rébellion contre le Christ, avaient tous » un os dans le cœur, et un os à jeter aux » chiens '.

» — Et tu as digéré celte histoire?

» — Celui de qui je la tiens ne ment M jamais; car, bien qu'il ne soit que simple

' Arnauld de Villeneuve , le Propriétaire des choses , liv. 17, ch. 28 et 98.

» sous-diacre, il est dans Tintimité du bon » Dieu.

» — Il ne sera jamais dans la mienne.

» — Sais-tu , mauclerc à facéties ! jus- » qu'où vont les impiétés de T Albigeois? il » ne croit point aux sept trompettes ; et )) PApocalypse, il sVn gausse'.

)) — Par St-Wast ! c'est outrecuidance : » il en pâtira , c'est possible : mais tant quW » moi, néanmoins, je nMrai point sonner )) contre lui les clairons de la chrétienté, )) parce qu'il nV pas fiance aux trompettes )) de l'Apocalypse.

» — Chut : Fesprit du diable te souffle. »

En ce moment les villageois étaient sous les murailles de la maison foîie ; un des principaux d'entre eux s^est tourné tout-

' Le moine des vallées Sernay, eu Vnistoire des Albigeois.

Page 1