CHAPITRE
» Onjournoyetoit^ à Técouter. Ilvousques- )• lionne en langue iVOyl ; il vous répond » en lapgue d'06-%* puis, que d'esprit! il » parle latin.
)» — Et tu comprenais?
)> — Pas un mot. »
A cette réplique naïve, de grands éclats de rire ont interrompu le colloque. Un bûcheron a poursuivi.
(( — Et toi I Laurent ! partiras-tu ?
» — Pourquoi non ? piilerie me plaît.
)» J'ai d'ailleurs un père, au logis, qui a )) intention de me vendre ; et au fait, il en » a le droit "'. J'ai en outre, à Coucy-la-
* Journoyer : passer la journée sans rien faire.
' Voyez sur ces deux langues, Monteil, Histoire des Français, t. 1, ép. xl, p. 181.
^ Anciens statuts rapportés dans les chroniques : 4 Un père , dans certaines contrées , pouvait vendre son fils et même le mettre à mort. (Epître x, t. 1, Mœurs du XIV^ siècle , p. 20.^
)» ville , des créanciers , à bonnet carré , )) qui se sont huche dans le crâne de res- )) susciter Pancienne loi défunte, d'après » laquelle il serait permis de. couper un » mauvais débiteur par morceaux comme )) un excellent jambon de Pâques par tran- » ches\ tout cela m'ahurit et m'aiguillonne. )) J'irai tumultuer à Toulouse.
» — Il raisonne dru, le compère.
)) — Mais, par la sambleu ! mes com- » paings ! clame un pâtre de la montagne: )) pourquoi courir sus à l'Albigeois, comme » on traque la bête fauve?
n — C'est que, riposte un vieux du ha- )> meau, l'Albigeois, à ce que certifient nos )) docteurs, est en pacte avec le démon; il )• pourparle avec les enfers. Or, selon les
' Voyez, la loi des douze tables, Montcil , t. 1 p. 225.