‹ Double règneChapitre 102 sur 137 · CHAPITRE Vm · texte numérisé non relu

CHAPITRE Vm

» Tout s'enfouit ensemble, homme et (i- » très; puis , dissolution et poussière. On a » écrit : Cy gît un héron j plus tard tout a » fini : Cy gît rien. Il fallaiJ ajouter : déri- » sion.

)' — Robert I ton langage me glace. J\ni » foi au ciel et à la terre.

» — Tu fais bien , si cela t'amuse ; je n'y » mets nul empêchement. Suis tes idées ; » voici les miennes : Féniome de la vie , » les secrets de Tame, les sciences de la ^> nature , les découvertes de Thomme , tout » cela est si peu de chose, que, réduit à » son étendue réelle , tout cela , écrit en » conscience, tiendrait, à mon avis, sur le » petit bout de parchemin où le docteur in î) scrit sa recette pour la guérison d'une » crampe. En guerre, j'ai fait cliqueter » mon épée;j'ai matté , moulu, taillndé.

» occis, démaillé; puis, tournant la tête en » arrière , j^ai vu ce que valaient les princes, » j^ai vu ce que pesaient les peuples, et j'ai )) ri de ce qu'on nommait gloire. En amour, )> j'ai d'abord dépensé les trésors de ma )» fougueuse jeunesse dans un sentiment im- » matériel; puis j'en ai compris la sottise, » je me suis lancé sur la mer des v^oluptés , )' et , comparant le tout , j'ai crié : amour y et guerre ? extravagances ! Depuis lors , )) raillant l'univers , changeant de belles » comme d'armures , tantôt doux et tantôt )> féroce , sans calcul et sans réflexion , )) j'aime et je me bats au hasard.

» — C'est de la démence, Robert.

» — Le vrai fou , Piaymond , c'est le )> sage. Du reste, à la clarté d'un fanal , » apprends, cher Caton de Toulouse! que )) ce soir gente bergerette attendra pas-

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