CHAPITRE YlII
)> toureau lidèle au bois de la ville voisine:
0 le pastoureau fidèle est Brienne , la ville
» voisine est Coucy , et voici mon fanal , la
)» lune. »
Le facétieux paladin, levant son doigt vers la fenêtre, montrait le disque dePhœbé. L'astre pointait à Thorizon.
RajTïiond a bondi sur son siège ; Robert Ta rappelé à lui-même. Bien que les fumées du vin, les délices du banquet, et les folies du chef goguenard aient un instant troublé ses esprits , il n'a pu oublier Marie. L'ombre des nuits descend sur la plaine. Hélas ! la jeune fille Tattend : elle compte les heures sans doute; et lui, chevalier déloyal, il a manqué à ses promesses.
Le repas était achevé : le sire de Coucy
se lève. Les grands dignitaires de France ont fait appeler leurs servans d^armes ; ils donnent Tordre du départ ; et le tumulte est général.
Enguerrand a fendu la foule; il s**est avancé vers Raymond; et, le tirant à part dans Tembrasure d'une croisée, il sen^e vivement sa main .
<( — Frère! es-tu à moi?
» — Pour la vie.
» — J'ai ta parole.
» — Et moi ton épée.
» — J'ai besoin de ton dévouement.
)) — C'est me rendre fier de moi-même.
1 — Il me faut un bras valeureux , un » cœur fidèle.