CHAPITRE VIII
» — Me voici.
» — Complète obéissance ?
» — Complète.
» — Eh bien I je vais partir à Tinstant. L^armée de la ligue m'appelle; il faut que je me rende à Corbeil le plus rapidement possible. La prudence exigeant que je voyage sans pompe, je ne prendrai que peu de varlets ; et à peine auraije des, gardes. Néanmoins, la course étant longue et le trajet offrant des périls , un frère d'armes m'est nécessaire , un seul , mais digne d'Enguerrand. J'ai choisi ce brave et c'est toi . »
» — Moi, messire! » s'écrie Raymond.
Sa figTire se bouleverse ; Coucy ne l'a
point remarqué.
« — Ami ! fais préparer le départ ; que » Ton sonne le boute-selle ! Point de délais, » et à cheval !
» — Point de délais! » répète le comte.
Et, portant sa main sur ses yeux, Finfortuné murmure à voix basse :
<( — 0 Marie ! Marie ! ))
Enguerrand s'était éloigné.
Le hennissement des chevaux , le cri des fauconniers , le sifflement des veneurs , et le clairon des hommes d^armes , retentissaient de toutes parts sous les murs du
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château de Coucy. L*'escalier de la grande tour était encombré d\illans et de venans. Les dalles sonores des vestibules et galeries répétaient à Tenvi le bruit assourdissant des bottes ferrées de Técuyer et des voix rauques du varlet. Une foule de lanternes à cornes , courant le long' des remparts , y dessinaient en manières de fantômes les formes heurtées des gens de chenil et d^écurie, hâtant le départ de leurs maîtres. Le coup de Vétrier se distribuait gaîment au dedans et au dehors. Ici , les coursiers ruant sous leur croupe de soie à franges, provoquaient de longs juremens; Va , le gai propos des gabeurs excitait des rires sans fin. Le désordre était général, mais c'était un joyeux tumulte.
Prêtons Foreille aux dialogues.
« — Alerte ! compère ! ou je bûche. Il