CHAPITRE IX. 285 » puis , rendu à d'autres devoirs
» — Sauver ta bien-ai?nce! que dis-(u?
» en quels périls se trouve-t-elle ?
» — Ecoute un singulier récit. Sur ma » route, accourant vers toi, j"'entrai sous » un toit inconnu. Un châtelain m"'y ac- » cueillit ; il était semblable au mirage )> trompeur des sables de FArabie , qui à » la soif du pèlerin présente un lac d'eau » transparente là où il n'y a qu'un déseit » aride : l'homme hospitalier me trompait. » Une vierge innocente et belle , enlevée au » toit de ses pères , était là , captive du » monstre. Le hasard, ou plutôt la Provi- » dence, me fit découvrir la victime; je » l'arrachai de sa prison. Je lui promis de » la ramener à sa famille ou de la conduire » à un couvent ; elle eut foi à mes paroles , » et me suivit sans crainte. Elle est en dé-
)• pot sous ma garde , elle y restera pure » et sans tache ; mon cœur et Dieu répon- )) dent d'elle.
» — Où Pas-tu laissée?
» — Près d'ici. Vois-tu ce moulin isolé? » je Vy ai conduite ce matin : j'ai promis » d'y être ce soir.
» — Vas-y : je ne t'arrête plus.
)) — Connaîtrais-tu quelque abbaye ? —
» — Aucune , à plusieurs lieues à la » ronde. Mais , Raymond , nous devons » coucher cette nuit au castel de Grand- » Préau , chez une de mes proches pa- » rentes, la vieille comtesse de Soissons, » dame bienfaisante et pieuse : conduis » ta bien - aimée en ce lieu. J'irai au » moulin avec toi ; et tous deux aux mains