‹ Double règneChapitre 117 sur 137 · CHAPITRE ÎX · texte numérisé non relu

CHAPITRE ÎX

» d^une amie nous confierons la jeune fille. » Puis, écrivant à ses parens —

» — Mille grâces te soient rendues ! in- » terrompt le jeune comte avec Taccent de » la plus vive reconnaissance. Comment

» tVxprimer mon bonheur! Je devrais

» être à tes genoux — »

II ne peut poursuivre il suffoque:

ses membres tremblaient ; son rire était humide de larmes. Raymond , si fort contre le malheur , succombait devant la félicité comme sHln''avait reçu, ici-bas, de puissance que poiu" souffrir.

Les deux chevaliers, tournant bride , se dirigent vers le moulin. Raymond, plein d^allégTesse et dVspoir , sentait les pulsations de son cœur soulever sa cuirasse d^airain ; le sang lui bouillonnait au cerveau

comme la vague sous Torage. Ses facultés, dilatées par Timpatience , étaient effrayantes d'élan. Son destrier fendait les airs.

Tout à coup , rebroussant chemin , Raymond barre la route à Coucy. Une horrible pensée est venue le saisir à Fimproviste , comme la main de fer d\in bourreau : Enguerrand est Tami de Roger. Si , maître du sort de Marie , le héros de la ligue, dévoué au mystérieux vieillard , allait lui rendre sa victime ! . . . L''imprudent comte de Toulouse, en conduisant son chef au moulin , perd

peut-être sa bien-aimée ! Hélas ! il n'a

rien calculé : indiscret , inconsidéré , luimême , en ce moment peut-être , il trahit et livre Marie! —

(( — Enguerrand ! s'est-il écrié , j'ai réflé- » chi — Arrête! — j'ai peur. »

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