‹ Double règneChapitre 118 sur 137 · CHAPITRE IX · texte numérisé non relu

CHAPITRE IX

Et le malheureux sHnterrompt, étonné lui-même de Tétrange mot qui , pour la première fois, venait de s'échapper de sa bouche.

« — Peur ! a répété le sire de Coucy : » est-ce un guerrier français qui me parle !

)) — Oui , un guerrier que rien n'épou- » vante , mais que d'abord il faut compren- » dre. Un peu de patience, Enguerrand.

» Ce n'est pas pour moi que j'ai peur, c'est » pour elle , c'est pour toi-même. Oh ! l'a- » mour ! — il rend insensé. Sois indulgent : » un brave doit l'être. Ne t'offense pas de )) mes alarmes , réponds-moi doucement et » sans amertume. Toi , Coucy , tu es un » grand homme , tu es à l'abri des faibles- » ses!.... mais moi , chevalier peu célèbre, » je n'ai ni ton nom ni ta force. Dis-moi, le » vieux Roger t'est connu? »

Et la farouche inquisition de son œil passionné , plongeant au cœur du chef de la hgue , rendait tout subterfuge impossible.

« — Oui , répond Coucy d\m ton calme, » il m*'est connu depuis long-temps. Pour- » suis : où veux-tu en venir? —

» — Qui est ce Roger? Quels destins?

» — Fussé-je instruit de ses secrets , je » me garderais de les trahir.

» — Ce vieillard est donc ton ami ? Tu » Testimes? tu le protèges ? tu Thonores de » ta confiance? tu défends sa maison? tu » Paimes? »

Et entassant ainsi questions sur questions, le pèlerin du Val des Ombres semblait les chasser devant lui avec une inquiète terreur.

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