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CHAPITRE IX

» m'es déjà cher. Ouvre en entier ton cœur : » je t'écoute.

» — Généreux prince ! s'écrie Ray- » mond, j'attendais de toi ces doux mots. » tu ne me juges pas avec ta raison , tu » me conçois avec ton ame. Eh bien ! oui » j'implore une grâce : promets-moi , foi » dechevaher! que, quelle que soit la jeune » fille qui va s'offrir à tes regards , prin- » cesse ou bergère , faible ou puissante , » belle ou laide , tu prendras fait et cause » pour elle ; et , l'arrachant à tout péril , » tu exécuteras ses volontés. Chef ! couvre- » la de ton égide. L'amitié la met sous ta » garde ; l'amour te confie l'innocence.

» — Le sexe faible, à tout jamais, répond » le sire de Coucy, doit commander au » sexe fort. Quelle que soit ta bien aimée, » sa volonté sera la mienne. Ravmond !

294 DOUBLE RKGNE.

)) reçois-en Fassurance : mon bras et mon » épée sont à elle.

)» — Sois béni du ciel ! Enguerrand.

» — Nous voici au moulin.

)) — Entrons. »

Les guerriers mettent pied à terre. Raymond , que suivait Enguerrand , se précipite vers Marie. La jeune fille avait entendu le pas des chevaux lui annonçant le retour de son libérateur : elle a couru à sa rcMContre. Il entrait, elle Paperçoit : un cri de bonheur lui échappe.

<( — Ah Raymond ! . . . . C'est donc )) vous ! enfin ! »

Et , par un mouvement involontaire , elle a presque tendu les bras. La meunière

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