‹ Double règneChapitre 133 sur 137 · CHAPITRE X · texte numérisé non relu

CHAPITRE X

liérisseiil. Avec un râlemenl sauvage, il fait un aftVeux bond vers Roger ; et, devant lui tout d\ine pièce , le corps et les membres raidis, il lui jette ces rudes mots :

«( — Ta fille! elle n'*est point la

)• tienne. Ravisseur infôme ! tu mens. »

Il ne faut qu^un souffle à la flamme pour embraser un édifice : un coup de dard suffit au serpent pour frapper à mort ceux quHl vise.

« — Messire comte ! répond le vieillard

» d'un ton rauque et sardoniquc : qui ne

)» veut plojer , je le brise. Sais-tu qu'une

» froide parole est souvent, pour percer un

» cœur, plus sûre et plus aiguë qu'une

» dague ! Je n'ai qu'un mot à prononcer ,

» et la foudre suivra l'éclair. L'amour t'est

venu vite, Raymond : il faut qu^il s'en retourne de n et Marie. »

» tourne de même. Un gouffre est entre toi

Aussi tremblante que [""oiseau sous la serre du vautour, la captive du Val des Ombres, essayant un reste de forces , se traîne en pleurant vers Raymond : Tinfortunée tombe à genoux.

« — Arrêtez, , comte de Toulouse ! ne

» résistez point à cet homme : on ne peut

)> trouver grâce devant lui. Je lui appar-

» tiens , qu^il me prenne ! Pourquoi ce re-

)> gard de surprise I Vous croyez, ma tête

)) perdue ? Non ; je vois , j'écoute , je pense ;

» je sais vos noms à tous, je vous parle.

» J'ai bien ma raison tout entière. N'écou-

) tez plus Roger, vous surtout. Raymond!

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