‹ Double règneChapitre 135 sur 137 · CHAPITRE X · texte numérisé non relu

CHAPITRE X

» voiel Hors lVïcï ! rabiine est ailleurs. »

Puis , îippelant à lui Enguerrand :

(( — Défends-la donc ! tu Tas promis.

» — Coucy jura d^ m'obéir, interrompt » Marie éperdue : eh bien ! mes ordres ! . . . (< les voici : je veux partir.

» — Venez ! dit Roger. »

Déjà le vieillard Tentraînait. Raymond le saisit d'un bras ferme.

« — Non; malgré elle... malgré tous...

» je te connais, je mV oppose.

)' — De quel droit? a repris Roger. Tou- » lousain ! je te le répète : elle ne peut être )• ton épouse.

» — Qui pourrait Tempêcher?

» — Qui? moi.

» — Homme atroce ! je f en délie.

» — Tu m"'en défies ! jeune insensé !

» — Elle a un père, et ce n^est pas toi 1

» — Pèlerin ! poursuis tes enquêtes. La » sentence est près : tu arrives.

)> — Misérable î qui est son père ?

» — Demande-le toi-même à Marie. »

Mais touîe question serait vaine ; la jeune fille n*'est plus à elle : sa douleur inerte et déchirante était sans cris et sans pensées. Plus de contraction de visage : prostration complète de forces. C'était la dernière expression du désespoir qui , ne sachant plus où se prendre , fléchissait sans se résigner.

Témoin et juge de la scène, Enguerrand veut V niettre un terme.

aiAPlTRE X. 331

„ __ Roger ! dit le héros d'un ton grave : » J^ai été forcé, par circonstance et pai- ). devoir, de prêter assistance à cette jeune ). fille. Ton reproche a été injuste : peu )) de mots me justifieraient ; tu les enten- » dras , mais plus tard. Ne songeons main- » tenant qu^à Marie. Quels sont tes projets? )) où vas-tu?

» — C'est t^ofre fiancée , Enguerrand :

» répond le vieillard avec calme. C'est à

)> vous que je la réserve , c'est pour vous

» qu'elle est sous ma garde. Je ne change

» point mes desseins. Vous savez nos con-

)) ditions : dès qu'une d'elles sera remplie,

)» Marie deviendra votre épouse.

» — Ceci n'est pas chose certaine , » interrompt le Toulousain d'une voix )) convulsive. Elle seule peut disposer de » sa main ; et le sire de Coucy lui-même

)' a juré de souscrire aveuglément h ses lois. )' Que Marie choisisse entre nous ! qu'elle » exprime sa volonté ! . . .

» — Obtiens d'abord, réplique Roger, )' le consentement de son père. Elle en » a un.

» — Nomme-le donc !

» — Oui , nomme-le ! répète Enguer-

» rand; je Pexige aussi à mon tour. Roger,

» tu m'as certifié sur l'honneur que ma

" fiancée était d'une noble origine : les

» conditions que j'ai souscrites pour l'é-

» pouser n'en seront que mieux exécutées

)> quand sa famille me sera connue. Parle !

)> il est temps. Plus de mystères.

» — Ne me force point à t'instruire , » répond le farouche vieillard. Tu pourrais » en être puni le premier. Garde à toi ! lu » perdrais Marie.

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