‹ Double règneChapitre 15 sur 137 · CHAPITRE · texte numérisé non relu

CHAPITRE

d'uu pas indécis vers la députalioii villageoise.

K — Manans ! dil-il, qui vous env^oie? »

Le pèlerin va droit à lui. Son geste imposant est d'un chef, son ton laconique est d'un maître.

(( — Ouvre! et range-toi! » répond-il.

Le cerbère étonné s'incline ; la porte n'est plus défendue ; et le pèlerin est entré d'un pas ferme sous les murs de la maison forte.

Un serviteur, vêtu de noir, l'introduit ainsi que sa troupe , dans une énorme salle basse nommée la galène de justice. C'est le lieu où les seigneurs du Val des Ombres , écoutant les plaintes de leurs vassaux, viennent absoudre ou condamner. L'enceinte est à moitié en ruines; néanmoins, il est facile de remarquer qu'elle fut jadis décorée avec luxe ; des restes de tapis précieux couvrent encore ses murailles; ses portes sont

délicatement sculptées; les grosses poutres de son plafond ofifrent des écus armoriés entremêlés de feuillages et de dorures; ses croisées d'église, à vitraux coloriés, sont surmontées au dehors de figures d'animaux en pierre, devant servir aux temps d'orage à vomir les eaux pluviales. Soii pavé est en carreaux de diverses couleurs ; et ses bancs, à dossiers grillés, ont, çà et là, des housses traînantes avec broderies et crépines ^ .

Mais ces vieux restes de magnificence sont à peines reconnaissables. La poussière, l'humidité , la rouille , les insectes , et surtout le ravage des temps , en ont rendu l'aspect déplorable. Les murs , verdâtres et crevassés , sont pleins de reptiles venimeux dont la trace est partout visible. Les croi-

' Monteil , liaisons au XIV*^ siècle , Histoire des Français, t. 1, p. 21 et 102,

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