‹ Double règneChapitre 16 sur 137 · CHAPITRE I · texte numérisé non relu

CHAPITRE I

sées liront plus de vitrages , des herbes pendent -i leurs cintres ; et pas un des bancs de la salle ne peut offrir un siège solide.

En attendant le sire Roger, qu'a été quérir un varlet, le pèlerin parcourt la galerie, et tout y accroît sa surprise. Comment un noble personnage peut-il se résoudre à vivre en un si misérable séjour ! pourquoi n'emploie - 1 - il pas ses gens de service à rendre l'enceinte habitable ! quel homme étrange est ce Roger !

Le pèlerin , se débarrassant du chapel à larges bords qui cachait en partie son visage, s'était approché d'une croisée en ogive s'ouvrant sur un jardin en friches. Les derniers rayons du jour éclairaient son front martial. Il était à la fleur de l'âge. Son teint, bien que bruni à la dure, avait un éclat remarquable. Les villageois, groupés autour de lui, s'ébahissent de sa beauté : ils

Tavaient peu remarquée jusqu\'ilors. Aussi, là , sous le charme de la maison mystérieuse , plusieurs d'entre eux commencent à se persuader que l'extraordinaire inconnu pourrait bien être quelque chose de plus qu'un simple mortel. Si c'était un esprit divin ! . . . Ses traits semblaient moulés par le ciel.

Sa taille était haute et gracieuse ; ses yeux noirs étaient pleins de feu. Cependant, malgré la sève ardente qui courait dans ses veines , l'œil observateur eut pu reconnaître à certains légers sillons empreints sur sa mâle figure , que l'haleine glacée du malheur avait soufflé plus d'une fois sur ses belles journées de soleil et de printemps; son visage, rendu par cela même plus expressif, joignait à tous les caractères de la passion toutes les séductions de la mélancolie. Mais, bien que ses facultés, toujours

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