‹ Double règneChapitre 17 sur 137 · CHAPITRE I · texte numérisé non relu

CHAPITRE I

puissantes , ne fussent déjà plus neuves pour la douleur, son front était demeuré pur, sa conscience était restée droite, et il avait conservé intact le plus beau des privilèges humains , le droit de pouvoir, sans rougir, marcher partout la tète levée.

L'*espèce de découragement qu'éprouve de temps à autre ici-bas Tame fatiguée de la vie, donnait une touchante languepr à la physionomie guerrière du pèlerin. La souflVance avait en lui , pour ainsi dire , quelque chose dVilé qui , le dégageant de la terre, Fattirait d'avance plus haut. Une pensée permanente d'honneur, de vaillance et de foi, s'était comme incrustée sur ses traits où son cœur se montrait à nu. Le bonheur les rendait brillans , le malheur les offrait sublimes.

Un pâtre s'approche de lui : son maintien est respectueux.

3i 1X)UBLE REGiNE.

« — Vous savez, seigneur pèlerin, ce ^' qui nous attire céans. Qu''en pense votre » haute sagesse? Mes compagnons auraient » grand souci de votre advisement. Que n vaut-il mieux ? La guerre ou la paix ?

» — Ce que la justice prescrit.

)) — Mais la justice a mille sentences. On )) est la vraie? quelle est la bonne? Quant )> à moi, ridée de guerroyer ne me grimace » en nulle façon. Bien au contraire, alerte )> et hardi , j''ai raouît envie de prendre » rapière. Clairons et panoncels me gau- » dissent. Peu me chaillerait d^ètre occis. » Que me conseillez-vous ?

» — Rien, mon brave.

» — C^est un avis moult écourté.

» — As-tu fortes raisons pour partir?

), — Voici les meilleures , messire. On » peut faire fortune aux camps; et j'ai, sur

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