CHAPITRE I. m
> seront dépeuplés. Ambroise et Dulac sont ) ici —
)» — Ambroise et Dulac sur mes terres ! ' interrompt Roger avec violence. Depuis ' quand ? Que nous veulent-ils ?
» — Ils traversent la Picardie avec mis-
> sion du Saint-Pontife; et, pleins d'un zèle • infatigable, ils enrôlent de toutes parts le ' peuple des campagnes sous les drapeaux
> de la croisade albigeoise, pour Texlirpa- ' tion de fhérésie et la vengeance du Très- . Haut.
» — Quels mots dans une langue chrétienne ! et les délégués du trône apostolique osent les joindre ensemble ! quoi î la pengeance elle très-haut! V extermination et V église ! la miséricorde et le sang I pèlerin , pour qui croit en Dieu, ne sont ce pas là des blasphèmes ! »
Et le sire Roger, en prononçant ces mots,
avait imprégné ses accens de je ne sais quelle dérision sauvage qui , attaquant le ciel et la terre, les insultait tous deux à la fois.
» — Vos vassaux, a repris Raymond , « n^ont point été appelés à juger qui a tort » ou raison dans la querelle religieuse. » Ambroise parle au nom du ciel
)• — Et peut-être au gré de Tenfer. Les » disputes et controverses , di gnes carrousels » du sophiste, incendiant commela flamme, » frappent à mort comme le glaive. Les pa- )) rôles s'enfoncent , parfois , plus fatales )) que les poignards. La plume en étend les » poisons. Ce sont, du reste, armes de )» lâche. Vous plaisent-elles?
» — Non, messire. Mais, néanmoins, si » je gouvernais les hommes, je ne voudrais » pas plus bâillonner ceux qui raisonnent >> que massacrer ceux qui sMnsurgent.