‹ Double règneChapitre 23 sur 137 · CHAPITRE f · texte numérisé non relu

CHAPITRE f

venues depuis, ont poussé peu à peu sa pensée à remplacer Tame et le ciel par la matière et le néant. Ce lumineux échange est bien noir.

Raymond s'est tourné vers sa troupe.

'< — Amis ! vous avez entendu. Votre )' seigneur châtelain vous a hautement ma- '> nifesté son opinion. Avez-vous compris?

» — Pas encore.

» -— Il vous défend de suivre Dulac.

>• — Il soutient donc les hérétiques ?

» — Il protège rhumanité.

" — L'Albigeois foule aux pieds le Christ ' . » 11 a crié : Guerre à V église!

' laques de Riberia. Recueils de la ville de Toulouse.

n — Répondez-lui : Paix à la tetre !

» — Il brise les saintes images ; il renie )> le jugement dernier; il ne veut point qu''on » prie pour les morts ' .

)> — Et vous prieriez pour qu'on le tue !

» — Le Tout-Puissant demande justice.

)> — Erreur : il crie miséricorde. »

Ces ripostes serrées et laconiques ont mis fin à la discussion. Les villageois courbent la tête et se retirent lentement. Raymond s'apprêtait à le suivre : le châtelain se lève et Tarrête. Il lui parle en maître :

« — Restez ! »

Le pèlerin, fronçant le sourcil, recule indigné devant Tordre. L'accent de Roger s'adoucit.

'Voyez Histoire des Albigeois, par Paul Perrin , édition de Gmiève , 1. 1 , p. 4.

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