CHAPITRE H
)) elles? des cendres. Ne te fie jamais aux )) sépulcres.
» — Ai - je bien compris ? sire Roger. » JJ honneur et le ciel^ des sépulcres! re- )) nieriez-vous la Providence ?
» — Frère I te parlerai-je sans feinte : )i en tâtonnant dans les ténèbres, j'ai cher- » ché le verbe éternel ; comme, au défaut » de la cuirasse , ma lance, parfois dans les » camps , fouillait au cœur d^un ennemi : » eh bien ! qu^ai-je trouvé? le chaos; qu'ai-je » senti? le froid de la mort; qu^ai-je re- » connu ? le néant. »
Le pèlerin recule son siège. Lliorreur se peint dans son regard.
« — Vieillard , ne m'as-tu pas dit : frère ! » garde-toi de répéter ce mot ; je ne )) le souffrirais plus. Moi , frère d^m athée ! » jamais. »
A ces rudes paroles, le visage du châtelain a pris une singulière expression de raillerie et de pitié. Son large front sVst rembruni : il continue d'un ton hautain.
<( — Quand tu auras mon âge , jeune » homme , quand tu commenceras à voir )) s'effacer derrière toi comme une lugubre » vapeurlesongedouloureux delà vie, alors, )> oui seulement alors , tu auras acquis le » droit de juger la terre et les cieux. Tu te )> seras fié à leurs promesses , tu auras subi )> leurs déceptions : alors , en connaissance )> de cause , aura sonné pour toi , parmi )» nous , l'heure de douter ou de croire , )) de condamner ou de défendre , d'être » impie ou religieux. Jusque-là , regarde ! )> et tais-toi.
» — Me taire I a répliqué Raymond. Où » est-il , Têlre assez puissant pour m'impo-