CHAPITRE II. G
ser un lâche silence ! depuis quand n\it-on la permission de la pensée que quand Vàge en éteint les flammes ! qui a décidé qu'on n'était apte à prononcer de judicieux arrêts qu'aux jours où s'affaiblit la raison ! Non , les promesses de la foi ne sont point des décevances dorées : un sentiment inné me l'affirme. Non, je n'irai point me jeter plein de vie et de chaleur dans la nuit de tes doctrines de glace et de mort. Vieillard ! tu as parlé de sépulcres : le premier de tous est l'athée. » ^^ A t'entendre, reprend Roger, tombé déjà dans les infirmités de la vieillesse et les égaremens de la caducité , j'ai l'intelligence appauvrie : tu te trompes étrangement. Bien que j'aie marché long-lemps et à grands pas dans la carrière humaine, je ne me sens pas encore fatigué. J'ai les pensées de feu du printemps. Je n'ai pas
» dit : « Assez! w à la vie. Ma course nVst » point à son terme; je ne fais ici qu^une )) halte : avant peu je repartirai.
)» — Pour insulter encore au Très-Haut ?
)) — Insulter un rêve! à quoi bon? Christ )) et Satan : folles chimères. J"" aurais pour- » tant désiré, je Tavoue, dans les tempêtes » successives qui m'ont assailli sur la terre, » qu'un Dieu eût existé quelque part, pour » lui attribuer mes désastres , pour avoir » plus haut à maudire. Oui, j'eusse voulu, » dans ma rage, me débattre avec Finfîni. » Oh î s'il est un être éternel , et que ce soit » lui, en effet, qui m'ait donné , au milieu » des supplices auxquels je fus condamné , » tant de vigueur pour l'attaquer et tant » d'énergie pour l'étreindre , n'est-il pas » lâche à lui , chef suprême , de se tenir )> hors de portée, invisible, sourd et mu€t^