‹ Double règneChapitre 46 sur 137 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

répoqiic le surnommaient « V Apollon des )> Gaules. »

Coucy était de haute taille. Ses mouvemens étaient pleins de grâce, et pourtant ses membres nerveux étaient ceux d'un robuste athlète. Le feu martial qui jaillissait de ses beaux yeux noirs était calme et vif, doux et fier, impérieux et caressant. Sa vaillance , quelquefois rude , avait la naïveté des âges primitifs sur lesquels n'avait point encore passé la corruption née des lumières. Enguerrand, paladin aventureux, connu de tous les rois de la terre , avait fait retentir leurs capitales du bruit de ses faits belliqueux. La Palestine avait vu sa terrible épée éclaircir les rangs de Tinfidèle. L'Espagne avait porté jusqu'aux nues ses lauriers conquis sur les Maures. Sa iïloire , comme un feu errant , traversant

royaumes et peuples , avait exploré Tuni-

vers.

S'estiniant trop pour s^abaisser à Torgueil , il joignait à la majesté du héros la simplicité du soldat. Sa bouche avait les mots du génie. Il avait fait des souverains , il avait relevé des trônes ; et , proclamant sa haute puissance, le monde entier disait à sa vue : S'il 71! est roi^ c'est qu'il ne veut l'être '.

Le regard de Fillustre paladin , fixé sur le comte de Toulouse , était à la fois so-

' Voyez Lallouettc , Histoire de la maison de Coucy , « Euguerrand avait pour aïeule la petite-fiUe de Louis- 1^ Ic-Gros , voilà pourquoi ses armes étaient écartelées » de France ; 11 était cousin-germain du roi Louis VIII », i. 5, p. 432, loi, 136.

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