‹ Double règneChapitre 48 sur 137 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

preinte de mélancolie, s^oflre aussi mêlée de regrets. Son geste lui dit : LèveAoi.

« — Écoute-moi d^abord jusqu^au bout, » reprend l'impétueux jeune homme. Mon » dévouement n*'est pas de ces entraine- » mens irréfléchis qu'un jour voit commen- » cer et finir, qui imposent des conditions et » s^entourent de réticences : le mien , mé- » dite longuement , est sans bornes et pour )' jamais. Dispose de moi tout entier. Je )) jure à la face du ciel , de te consacrer, » sans réserve , avenir , volonté , jeunesse , » amour, fortune, renommée, tout ce qui » compose une vie d'homme. Un tel dé- » vouement te plaît-il ? Prends ! Coucy ! » prends ! je t'appartiens. »

Ces chevaleresques paroles étaient dans

les mœurs du moyen-âge , et en harmonie

avec les idées de l'époque. Le renoncement 1. 8

à soi-même était doctrine chez les preux. Néanmoins , Télan de foi et hommage de Raymond dépassait les bornes établies. Uenthousiasme Fégarait.

(( — Quel serment oses-tu me faire ! ré- » pond le sire de Coucy. Imprudent ! rien » qu'à Fécouter , mon cœur en a frémi » pour le tien. Quoi î, me sacrifier à jamais )) fortune , volonté , amour ! jeune homme , )» y as-tu bien réfléchi ?

)) — Je vais répéter le serment.

)) — Irrévocable?

)► — Irrévocable. »

Enguerrand a jugé Raymond : il se gardera d^irriter son caractère opiniâtre; il en ménagera la fougue indocile. Il a compris son ame indomptable ; il faut lui céder pour la vaincre.

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