CHAPITRE IV iif
« — Vaillant chef ! me repousses - lu ? w reprend le comte de Toulouse.
» — Non , dit Coucy d^un ton sévère.
» Non. Tu in' y forces, je t''accepte. Mais » n^oublie pas que ce fut malgré moi que lu » m^'enchaînas tes destins. Tu t'ofires, je )) m'cTupare de toi : carrière , volonté , » amour, tu n^as plus rien : tu Tas voulu. )» Si tu t'en repens quelque jour , si mon » joug te devient pesant : Raymond, ne t''en )> prends qu"*à toi-même. Frère et vassal ! >» relève-toi : corps et a me , tu m'appar- » tiens. »
Enguerrand , à ces mots prononcés avec une religieuse solennité, tire son glaive du fourreau ; et , Tétendant au - dessus de la tête du servant d'armes , comme prenant possession du bien qui venait de lui être concédé , il répète d'un ton lugubre :
« — Corps et ame tu m'appariieîu. »
Le feu des lampes vacillait. Le foyer était sans lumière. La taille élevée du maître imposant dont le pèlerin venait de se déclarer rhumble esclave , a paru grandir sous les ombres. Raymond tire à son tour son épée.
(( — O mon père ! ô patrie ! vengeance !
» — Vengeance ! répète Coucy; qui te )) frayera la route vers elle ?
» — Toi.
)) — La rébellion?
» — La victoire.
)> — Et , comme bagages embarrassans , » riionneur sera jeté de côté , la loyauté » mise au rebut. Triomphe à tout prix! » n^est-ce pas ? »