CHAPITRE IV
Le comte demeure interdit. Ces paroles inattendues étaient d'une ironie incisive :
<( — Je sais , reprend Coucy froidement, » que les vastes plans de la ligue sont par- » venus à ton oreille. Tu désirerais , ainsi )) qu''elle, un nouveau souverain au Louvre; » et lu voudrais voir sous la pourpre —
» — Le sire Enguerrand de Coucy : le )> roi qu'appelle au trône la France.
» — Où ce vœu s'est -il exprimé? jVi )' bien entendu quelques hommes : ce nVst » pas là ouïr la nation.
)) — Ces hommes , messire Enguerrand !
» ils représentent le royaume. Ils s'expri- » ment au nom du peuple.
)' — Dis : au nom de leurs passions. »
Raymond , de plus en plus étonné , regardait le chef d'un œil fixe.
<( — J'ai donc été induit en erreur, a-t-il
» repris : vous n''êtes point , ainsi que je
)> le pensais , à la tête de la vaillante no-
» blesse qui cherche en ce moment à attran-
n chir le pays du joug odieux de la maison^
)) réanante? Vous trahissez la cause franco
» çaise?
)► — Je ne trahis personne ^ Raymond.
» — En ce cas , dévoué aux nôtres , vous » accepterez la couronne ?
» — Elle est encore au front de Louis.
» — Pour peu de temps : son trône H chancelle.
» — Supposons -le déjà abattu; en rei> lever un autre à sa place est loin d''être » chose facile. La monarchie n'est point )> refaite par cela seul (jue , sur des débris ^ » un dais de pourpre se redresse. L'irrita-