CHAPITRE IV
)» mettre bassement à une pareille domi-
» nation , lorsque la France de notre âge a
» cent héros , dix grands capitaines, et,
» dominant toutes les renommées de TEu-
)» rope , le sire Engiierrand de Coucy ! —
» — Raymond! la passion t^ aveugle.
)» Simple guerrier, au champ d^honneur » je puis être un chêne abritant de Torage ; )) mais roi élu , parmi les miens , je pour- » rais n'être plus qu'un roseau à la merci » des ouragans. Habitué aux larges routes, )) j'aime les portes spacieuses : or , j'en ap- » pelle à ta conscience, en larron vers le » bien d'autrui se glisser furtivement et » dans l'ombre, par l'étroit sentier de la )» fraude, où l'on ne peut entrer tête haute, )) est-ce là métier de cœur noble? »
Un douloureux mécompte a frappé l'a me
de Raymond; il est retombé sur son siège. Enguerrand s^assied près de lui :
« — Ecoute-moi , continue-t-il : il vien- » dra un temps, je Tannonce, où les peui> pies jugeront les rois, où la souveraineté " des poitrines à haillons se mettra en con- '• currence avec celle des têtes à diadème. )' Nous n'en sommes pas encore à ces
> grands jours de déclassement général et ' de confusion universelle, mais déjà nous
> sommes en marche. L"'afFranchissement Il des communes a été un premier pas vers )) Tâge du nivellement : les croisades en >• Palestine continuent Foeuvre commencée. )' Vois nos châtelains de province! ils ven- )' dent leurs droits féodaux aux bourgeois " de leurs seigneuries, à Peffet d'amasser >) quelque or pour courir à la Terre Sainte H et V combattre Tinfidèle. Ils vont tout