‹ Double règneChapitre 53 sur 137 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

enfouir en Judée, leurs noms, leurs trésors, leur puissance; et cette patrie des tombeaux, ce sol de glorieux souvenirs, ce champ de délires chrétiens , ouvre un commencement d^abîme aux institutions féodales.

» — Loin de nous ce fatal présage ! interrompt vivement Raymond. La féodalité, alliance offensive et défensive entre les hautes dominations du royaume , lien indissoluble el sacré qui les unit toutes dans un intérêt commun , pacte authentique et solennel qui , basé sur le devoir et sanctionné par la religion , règle et maintient Tordre social, ^a féodalité,

> grâce au ciel , est impérissable à mes < yeux. Arbre immense couvrant TEurope,

> elle a pris racine au cœur des nations. » C'est un port aux jours de feiupéles : cVs^.

une arrhc ;ni\ temps de déluge.

« — L^arbre est encore plein de sève, a )• répliqué Fillustre chef, mais il a cessé de » grandir. Chaque jour le port se dégrade , » et l'arche s'ouvre aux destructeurs. Les )> vanités mécontentes , les ambitions frois- » sées, les haines vindicatives, toutes les » passions désordonnées sapent le rempart » protecteur. Tandis qu'une partie de la no- » blesse française, abandonnant son terri- )« toire , quitte sa place et se dépouille , » l'autre se rue contre le trône , et , brisant » une clef de voûte à l'édifice social , tra- » vaille , en aveugle stupide , au profit des » classes vulgaires , à s'écraser sous les dé- )> combres. ^.

» — Nul n'attaque la monarchie , re- » prend le comte de Toulouse : nous vou- » Ions une royauté, mais grande et digne » de la France.

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