‹ Double règneChapitre 60 sur 137 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

et qu^un invisible ressort liiit mouvoir; puis il s'est dirigé vers la galerie délabrée, nommée la salle de justice. Là , quelques varlets se présentent : leurs ligures expriment Tefti-oi.

» — Messire î balbutie un d'entre eux ,

» rhabitation est cernée Ce sont truands

» et larronneurs

» — Quel est leur capitaine ?

» — Dulac.

» — Baissez les ponts ! Ouvrez les por- » tes ! Qu'ils entrent tous ! Je donne au- » dience. )>

Et Roger s'assied d'un air calme sur le fauteuil des suzerains; son maintien est majestueux. Le nécromant a disparu , c'est un héros qui le remplace.

Les routiers et leur capitaine se précipitent vers lui. Dulac, espèce de géant , soldat sans nom , chef sans tenue , est entré le fer à la main : il est en tête de la troupe ; sa physionomie est féroce.

« — Guerriers ! dit Roger avec force , )) j"'ai une épée, nous sommes frères. LMn- » fortune a frappé ma vie , mais n'*a point » abattu mon ame. Vous n^avez rien ici qui » m'effraie. Je me souviens que , à mon » printemps , j'avais votre ardeur belli- » queuse; mais j attaquais des forteresses et » n'assiégeais pas des masures. J'ai pu, au » champ d'honneur, comme vous, être par )) momens implacable ; mais si je n'épar- » gnais, dans ma rage, ni la grandeur ni » la puissance, du moins je respectais, dans » ma fougue, et la vieillesse et le malheur. »

Ces mots , proférés à voix haute , impo-

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