‹ Double règneChapitre 61 sur 137 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

sent au chef des routiers; il salue, approche et répond :

« — Nous vous croyons un brave , mes- » sire ; mais , parmi les enfans du Christ , » guerre éternelle à Fhérétiquel Nous » avons pris , par ordre d^en haut , la route » qui conduit à Dieu : elle est escarpée , » elle est rude. Malheur à qui barre la voiel » car nous avons glaives et haches.

» — Dulac ! a répliqué le vieillard sar- » donique , on n'entre point armé dans le » royaume des morts ; on y va pieds nus et '" mains vides. Aussi, sur la route des » cieux , ayant souvent mal chevauché , » bien des pèlerins se fourvoient.

» — C'est raisonner en jllbigeois , dit le » recruteur courroucé . Ambroise avait rai- » son, je le vois ; l'hérésie a pris chez.

» VOUS , en dépit des proscriptions de Vé- » giise, droit de bourgeoisie et d''asile. On » y mettra bon ordre, messire.

» — Comme vous voudrez, capitaine.

M Qui a entière liberté peut ne garder au- >) cune mesure. Je suis sans appui, sans >» défense. Le vieillard , qui vous est livré , » sera peu difficile à occire ; mais sa mort » sera sans profit : Roger n'a point d'or » dans ses veines.

), — N^en pourrait-on trouver dans ses )> coffies? interrompt avec ironie le chef )» des routiers. Ce lieu, d'après les bruits du )> pays , n est point dépourvu de richesses : » l'enfer y envoie ses agens .

» — Vous y êtes , dit le vieillard ; entrez ! » visitez ! dépouillez ! »

La raillerie était ainère : Dulac y a paru insensible.

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