CHAPITRE V
cune tenture : rien que des trous dans les charpentes, des enfoncemens dans le sol, et des brèches dans les murailles. Les bandits ont tout visité.
« — Où couche votre seigneurie? dit le )) capitaine avec une ironie où commençait » apercer la fureur. Votre lit ?,..
» — J''ai là de la paille.
» — Et la fille du Val des Ombres? la » mystérieuse beauté ?
» — N'*a pas besoin de draps pour dor- » mir. Les visions, faciles à vivre, et peu » coûteuses à nourrir , n'ont pour alimens » que les brises , et pour couches que les » nuées.
» — • Phœbus d^école buissonnière. Ah —
» ça! nécrotnant sottisier! c'est assez de » bouffonneries ; venons à choses sérieu- » ses. Vous avez retiré soldats à nos rangs, » il faut bailler argent à nos poches ; car , » de façon ou dVutre , chacun doit payer n son tribut à la sainte croisade albigeoise. >i Vieillard , voici nos fers qui se tirent j de » Tor ou du sang ! choisissez. »
Roger s'approche d'une fenêtre, et sou sifflet s'est fait entendre. Immédiatement , d'une des crevasses de l'enceinte, sort , en se glissant sous les ombres , une figure noirt? et agile. Elle rampe , se tord , et se redresse comme une couleuvre entre des pierres. Elle a le silence des tombes : c'est Hakem , le fils de l'Afrique.
« — Esclave! dit le châtelain : monte )) l'escalier du donjon ! Ces nobles défen-