CHAPITRE V
» seurs de la foi demandent nos vies ou nos » bourses. Il faut répondre à leur appel. >) Val Tu comprends, nous t^attendrons.
» Vous , pèlerin I suivez Hakem. »
Puis, se tournant vers les routiers, il continue du ton le plus calme :
» — De l'or ou du sang ! j\ii choisi. »
Les bandits , à Faspect du Maure , qu'ils prennent pour l'esprit malin des ruines, s'étaient rangés en se signant. Ils ne doutent point, à l'ordre donné par Roger, que la ténébreuse fioure n'ait reçu la mission d'aller chercher les clefs de quelque cave inconnue, demeure inaccessible et cachée, où dorment les trésors du lo^is. Ils laissent Hakem et Raymond se diriger, sans obstacle , à l'extrémité des salles en démolition , vers un escalier étroit qui monte au haut d'une tou-
relie. Puis une partie d'entre eux, gardani à vue le sire Roger , ont levé leurs fers sur sa tête, et le menacent de la mort s''il allait tromper leur attente.
Ehilac et les autres routiers continuent , pendant ce temps , à fouiller les débris de la maison forte : il leur paraît impossible qu'il ne s'y trouve pas d'autres chambres; les appartemens délabrés où ils errent à l'aventure ne sont ni habités ni habitables. Le vieux châtelain a, quelque part, sans aucun doute, de meilleurs couchers que ces nattes de paille humide qui traînent çà et là sous des étages tombés et des cloisons à jour. Il doit avoir des salles secrètes ; mais où les trouver? où sont-elles? Les bandits poursuivent leurs recherches minutieuses avec une ardeur infatigable. Vains efforts : ils se perdent inutilement dans un labyrinthe de