‹ Double règneChapitre 70 sur 137 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

bondi de joie et d'*orgueil. Jamais Raymond, dans aucun de ses pèlerinages , n^aura eu guide plus dévoué , ni serviteur plus enthousiaste.

Ils ont descendu long - temps les marches obsctires d'un escalier en forme de vis , pratiqué dans l'épaisseur d\in gros mur. Cest une espèce de tuyau qui aboutit sans doute à des caves. Pas un rayon de jour et peu d'air. Parvenu comme au fond d'une citerne , Hakem a touché pied sur un roc. Il cherche à tàton^ quelque chose, soit enfoncement, soit saillie; il a peine à le découvrir. Sa main rencontre enfin , sous les ombres , Fobjet qu'il ne peut voir, mais qu'il cherche. Est-ce une trappe? est-ce un ressort?

Un craquement sourd se fait entendre ,

et une porte s'est ouverte. L'Africain introduit Raymond dans une rotonde au fond de laquelle est une cheminée : le feu de Tâtre éclaire Tenceinte. Non loin est un nouvel escalier. Le comte en a monté les degrés ; ô nouvelle surprise ! une allée souterraine est maintenant devant lui , éclairée de distance en distance par des lampes de forme antique. Des portes en chêne, artistement sculptées , s'offrent là, de droite et de gauche , donnant sans doute sur des appartemens habités ; car le couloir est échauffé ; les murailles n'ont rien d'humide ; et des nattes couvrent le sol.

Le fils des Maures s'arrête. Une porte, à larges battans , est auprès de lui. Il la pousse d'une main timide; il en franchit le seuil d'un pas respectueux ; et , se re-

Page 1