CHAPITRE V
même , plus pressé d'aimer que de plaire.
Le secret chagrin du guerriei* n'échappe point à la captive ; sa paupière humide se baisse, et ces mots sortent de ses lèvres :
«( — Vous avez pris pitié de Marie: che- » valier , encore une grâce ; pardonnez-lui ») ses peurs, ses faiblesses.... Je suis si »• jeune et si craintive! — Laissez -moi 1) m'habituer, peu à peu, à distance et )' comme isolée, au bonheur d'avoir un » appui. Je sens déjà mon deuil s'éclaircir; )» oui, je renais; j'ai tant prié. Ne vous )» é-tonnez pas si je pleure ; c'est la détejite " des souffrances.
» — Mais expliquez-moi , dit le preux , »> comment le perfide Roger ?
>» — Plus tard : interrompt l'inconnue.
» Plus tard, je vous apprendrai tout. Main- » tenant loin de moi les haines ! . . . . Oh ! rien » que la reconnaissance ! — »
L'ingénuité de ses paroles a fait vibrer au cœur de Raymond, toutes les cordes du sentiment. Il marche avec respect auprès d'elle ; et , n'osant presque plus la toucher , non moins timide que fougueux, le chef obéit à l'enfant.
Ils continuent à suivre leur guide à travers les pénibles voies du souterrain. Parfois, il faut monter, puis descendre. Tantôt la voûte est si basse qu'on n'y peut marcher qu'en rampant : tantôt des éboulemens obstruent le passage. Plus on avance et plus l'air manque ; à peine une lampe peut brûler au fond de ces conduits caverneux taillés jadis dans le rocher, aux temps des guerres