‹ Double règneChapitre 77 sur 137 · CHAPITRE Y · texte numérisé non relu

CHAPITRE Y

civiles, pour servir de retraite ou de défense aux guerriers des divers partis. Tous les vieux travaux se dégradent ; le seigneur de la maison forte n''a réparé soigneusement que les appartemens habités.

LMnfatigable maure, ayant profité de Tirruption des routiers pour jeter TefFroi parmi les serviteurs de Roger , était parvenu à se débarrasser de tout surveillant dangereux ; pas un témoin à l'évasion , aucun varlet n'est à son poste : chambres , caves , tout est désert.

Hakem marchait d'un pas rapide. Marie, hors d'haleine, s'arrête; un instant de repos lui est nécessaire pour franchir de derniers obstacles : elle s'assied sur une pierre.

Le guerrier , tout entier à elle , l'envelop- 1. 12

pait de ses regards. Qu'un moment Ta déjà changé ! naguère , las de sa jeunesse , son cœur vide lui était pesant; ses heures étaient ténébreuses ; il regardait le ciel sans Fimplorer, et la nature sans lui sourire ; jusque dans ses plans de vengeance , il y avait ennui et fatigue. Oh! présentement à ses yeux tout reprend intérêt et vie ; sa pensée aura des prières , Tavenir aura des prestiges. La terre et Dieu renaissent pour lui ; il a sur ses lèvres un nom , le nom quMl s'épuisait à chercher, le signal d'un réveil: Mane.

Ses paroles à la captive étaient simples, mais passionnées ; Marie les écoutait avec gêne; les expressions voilées d'un amour naissant, langue étrangère pour elle, idiome d'un monde inconnu à son innocence , elle les comprenait par instinct , elle les repoussait par nature. Sa sphère était la pureté.

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