‹ Double règneChapitre 78 sur 137 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

La jeune tille se relève :

<( — Chevalier, mes forces reviennent.

» Partons! Si le ciel nous protège, nous » serons libres avant peu , j^en ai le doux » pressentiment. Permettez une ques- » tion : à qui devrai-je mon salut? Ne )> puis-je savoir votre nom ?

» — Pourquoi le caclierais-je , Marie ! Je ») suis le comte de Toulouse. »

Un cri échappe à la captive.

» — Qui ! vous ? grand Dieu ! . . . Raymond » de Toulouse! »

Un tremblement général Ta saisie; et, s'appuyant contre le mur, elle s'est sentie défaillir.

Quelle surprise pour le comte î Marie ,

se cachant le visage avec Texpression d^une vive souffrance, parait se consulter en secret. On dirait ses plans renversés , et plus d'une espérance détruite.

« — Lui I murmure -t-elle tout bas , lui ! » Raymond de Toulouse ! — »

» — Marie, dit le comte troublé, qu'a » pour vous mon nom de funeste?

» — Hakem , de Pair ! de l'air ! répond- » elle. Tirez-moi de ce lieu ! — j'étouffe. »

L'esclave revient sur ses pas : ô bonheur! il était enfin arrivé à l'issue du souterrain. La porte, enfoncée à l'avance, et donnant sur d'épais taillis , n'était plus qu'à peu de distance. Le Maure, adroit et vigoureux,

Page 1