‹ Double règneChapitre 79 sur 137 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

enlève Marie dans ses bras ; et la jeune fille , Tinstant d''après, doucement déposée sur rherbe, près d'aune grotte entourée d^ arbres , a revu la clarté des cieux.

Qu^elle est belle , mais quVlle est pille ! Transparente comme une opale , elle ressemblait à une apparition de nuit que le soleil allait briser , tel que Taube éteignant rétoile.

Une vallée où serpentait une rivière était devant les fugitifs. L^astre du jour , brillant et pur , traversait des nuages d'or. L'oiseau chantait sous le feuillage. Le firmament , les arbres , les eaux , tout ranime et charme Marie; ses regards se portent avec délices sur la campagne ; ses idées sombres disparaissent; le beau ciel et lajeunefille, amis destinés l'un à l'autre, semblaient, de loin , avec bonheur, se sourire en se retrouvant.

L'esclave , courbé devant elle , attendait humblement ses ordres.

(( — Hakem ! . . . dit Tinconnue , où )• aller?

» — Commandez ! répond le comte de » Toulouse d'un ton cérémonieux et froid. » Vous êtes maintenant hors du pouvoir » de Roger , à Tabri des fureurs de la )) vengeance, sous Fégide d'un fils des » preux. Noble dame ! que faut-il faire ? »

Le sentiment est un grand maître. Le pèlerin du V^al des Ombres a déjà reçu des leçons , bien que Marie n'ait nullement eu l'intention de lui en donner ; et pas une de ces leçons ne sera perdue. La captive n'ayant encore accepté de lui que le seul aide de sa présence , il s'est déjà reproché en secret ses premiers élans de passion ,

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