CHAPITRE V
coupables et prématurés. Il saura désormais se vaincre. L^amour impose des contraintes ; et , nourri par les sacrifices , il s^épure par les épreuves.
Le nouvel accent de Kaymond a paru surprendie Marie.
<( — Chef ! guidez mes pas , reprend- » elle. Le meilleur asile pour moi , ce )» serait , je le pense , un couvent. Je suis » si loin du toit de mes pères.
)» — Qui a pu vous en ariacîier? quel » est le barbare?...
M — Roger.
» — Serait-ce Tamoui?...
» — ISon : c'est la haine.
). -- Pourquoi vous tenir prisonnière?
184 DOUBLE RFXNE.
» — Pour se venger de ma famille.
» — LMnfàme Roger vous a donc en- )» levéeà votre père?... Ah ! chacun, avant )» qu'il soit peu, aura la part qui lui est » due : l'un , chez lui , reverra sa fille ; )• l'autre , devant lui , mon épée.
» — Oh , point de combats ! dit Marie. )» Hors des mains du traître Roger, sau- )> vez-moi complètement en ne lui donnant » aucune chance contre moi : car, pour )) lui , maintenant encore , vous frapper )) ce serait m'atteindre. »
Ce langage doux et naïf a transporté de joie le guerrier ; mais il n'en a rien laissé voir. Il ne confierait plus son amour... même à la brise fugitive. Il y a orage dans son cœur , mais il gronde invisible et sourd.