‹ Double règneChapitre 82 sur 137 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

Sa douleur a trouvé écho. Marie, dans le cœur de Raymond, lit à la fois pour elle et pour lui.

Hélas ! Tinstant d'auparavant , que disait Timprudent guerrier? « J'ai un bras^ une ejpc'e, un cœur ; ils sont libres: tout est à vous.n La jeune fille ne lui adresse aucun reproche ; elle sHnterdit le murmure. La séparation , commandée par le devoir , peut n'être pas de longue durée. Il est des abris au hameau voisin, où Marie, cachée à tous les regards, pourrait attendre sans danger le retour de son protecteur : elle a d'ailleurs besoin de repos , et Raymond reviendra sous peu d'heures.

Le mal est rarement sans ressources.

Marie a puisé dans son ame et mille paroles d'espérance , et mille moyens de salut ; elle

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a tracé . ses plans elle-même. C^est lui qui

va Pabandonner, et c"'est elle qui le console.

Roger, entouré de bandits, n*'a pu se mettre à leur poursuite j il est lui-même prisonnier. Raymond sait maintenant par Marie que le cor sonné au donjon faisait appel aux hommes dVrmes du castel suzerain , sous la protection duquel est placée la maismi fotie. Des cavaliers sauveurs ont dû courir au secours de Roger ; sans doute, en ce moment, il y a bataille au Val des Ombres ; et nul n^y songe aux fugitifs.

En fait de passions il nVst souvent de raisonnable que ce qui est irréfléchi. Le comte de Toulouse adopte avec transport les idées de Marie, sans les peser ni les mûrir. Il va la confiner au hameau dans quelque cabane isolée. Il suivra religieu-

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