‹ Double règneChapitre 85 sur 137 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

aucun éclaircissement sur les faits antérieurs à sa captivité. Tout ce quV pu découviir Raymond, c'est que Roger ne Tavait ravie à son père que dans un but d'horrihle vengeance. En effet , les premiers jours de son enlèvement , il Pavait traitée avec une sauvage barbarie; peu après néanmoins, soit que sa beauté ravissante eût ému son cœur de pitié, soit que sa douceur angélique eût désarmé en partie sa haine, le tyran s'était adouci. Il avait paré la prison : meubles , instrumens de musique , fleurs , pierreries et parfums , Marie pouvait tou( demander; Roger semblait heureux de lui plaire. Une femme, à lui dévouée, était nuit et jour aux ordres de la captive ; et , comme une odalisque au harem , il ne manquait rien à sa vie, rien — que l'air de la liberté.

Quand parfois eile témoignait le désir

de respirer les fraîches haleines du soir, on la menait, gardée à vue, au pouî^pris ' de la maison forte. Cette permission néanmoins n'était accordée que de loin en loin , et seulement aux approches de la nuit. Marie, prenant alors son luth, confirmait par son passage aérien à travers les ombres , et par sa musique plaintive sous les ruines, les bruits populaires du canton sur les apparitions renommées de la maison mystérieuse.

« — Je vous avais vue, lui dit Raymond; )) je vous avais entendue avant de descendre )) à votre prison. Puis, à Tavance, au Val » des Ombres , mon cœur vous avait pres- » sentie. »

' Pourpris , enclos et verger attenant aux habitations de cette époque.

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