CHAPITRE VI
Marie a souri doucement.
Il est des joies pures et divines qui restent ensevelies à Tame , parce qu'aucune voix de la terre ne saurait y toucher sans profanalion. Le sourire naïf de la captive a paru au comte de Toulouse un encouragement à Taniour ; il en a levé les yeux avec transport vers le juge suprême : car l'homme bien né, lorsqu'un grand bonheur le saisit , regarde du côté du ciel. C'est la fleur, ouverte à l'aurore, qui , se tournant vers le soleil, remercie l'astre de la vie; c'est le ruisseau du vallon se recommandant à sa source, et qui sans elle tarirait. Oh ! qu'est-ce que Ja i-eligion , si ce n'est la reconnaissance !
« — Roger , en votre sombre prison , de- » mande le preux à Marie, se rendait-il » souvent près de vous? Se plaisait-il à
> vous imposer sa présence? Votre déten-
• tion ne devait-elle être que momentanée? ) avait-il quelques plans secrets?
)) — L^un d'eux m'a été dévoilé, répond
> en pâlissant l'inconnue ; et c'est ce plan
> inattendu , ce plan que je n'ai pu com- ) prendre , qui m'a fait redoubler d'ardeur
> dans mes préparatifs d'évasion. J'en frémis ) encore quandj'y pense. Un soir, le vieillard ) de la maison fotie introduisit près de moi
> un chevalier armé de toutes pièces dont la
> visière était baissée ; ce chef m'adressa ) quelques paroles d'intérêt auxquels je ne
• sus que répondre; et mon persécuteur ) l'emmena. Je revis Roger peu après : P^os
> maux vont finir ^ me dit-il , je vous ai
> choisi 'pour époux le guerrier puissant et
> de haute naissance qui vous a été' présenté l'autre jotir. Vous Vavez charmé j il ^'o^AÇ
I» aime...