ANGLETERRE
En 18 16, expédition contre Alger, par lord Exmouth. L'Angleterre, avant cette époque, était déjà venue plusieurs fois faire sur ces côtes des démonstrations hostiles et entamer des négociations sous Edouard Spragg, l'amiral Ruyter, l'amiral Nelson, etc.
En i663, expédition contre Alger, par le duc de Beaufort, sous Louis XIV.
En 1664, expédition par le même et M. Gadagne.
En 1681, Duquesne, et sous lui Tourville, détruisent la flotte tripolitaine près Chio ; Renaud d'Angely venait d'inventer les galiotes à bombes, qui contribuèrent puissamment à ce grand succès : ce fut le premier bombardement sur mer.
En 1682, bombardement d'Alger par Duquesne.
En i683, le bombardement est repris par le même.
En 168 5, expédition contre Alger, par le maréchal d'Estrées.
En 1687, expédition contre Alger, par Tourville,
En i83o, expédition par le maréchal de Bourmont,
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commandant Tarmée de terre, et Tamiral Duperré, commandant la flotte.
Enfin, grâce aux beaux résultats de la conquête de i83o, Alger, refuge des pirates, n'est plus. La terreur que cette ville a jetée si longtemps sur toute la Méditerranée, ne restera plus que dans les souvenirs : sa domination despotique a fait place à des institutions libres et à des lois sages qu'un gouvernement civilisé saura y faire respecter.
La France, en opérant ce grand changement sur la côte d'Afrique, s'est acquis des droits immortels à la reconnaissance de toutes les nations. Quel est en effet le plus léger bâtiment qui, en passant devant ces parages, ne devrait se rappeler les dangers qu'il aurait courus avant cette expédition et bénir le nom de la puissance qui l'a mis à l'abri des anciens écumeurs de mer ?...
Maure (de l'arabe Maghreb, occident), en latin Maiiri, Mauritanie est le nom sous lequel les anciens désignaient les habitants de la Mauritanie, Appliqué, pendant le moyen âge, à tous les Arabes conquérants de l'Espagne, il ne convient en propre qu'aux Almohades, qui étaient réellement d'origine mauresque. Aujourd'hui on appelle Maures une partie des indigènes de l'Algérie, du Maroc, du Bilédulgérid,de l'État'de Sidi- • Hescham et du Sahara; ils habitent, en général, les villes, surtout celles du littoral, se livrent au commerce, exercent de petites industries, possèdent et font cultiver des biens de campagne ; ils ont la peau plus blanche, le visage j->lus plein, le nez moins aigu, le
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profil moins anguleux, et tous les traits de la physionomie moins prononcés que les Arabes. Ils sont musulmans.
On désigne sous le nom de Berbères diverses portions de la population aborigène de la Barbarie, sur la côte septentrionale de l'Afrique. On le fait venir soit de celui de lîipSapot, que les Grecs donnaient aux peuples dont l'idiome différait du leur, et qui fut adopté par les Romains, soit de l'Arabe ber (racine du bariet désert), ou enfin de berberat (mélange de sons confus), à cause de leur langage.
Des traditions rattachent aussi l'origine des Berbères à un certain Berr, venu de Syrie. Leurs signes caractéristiques sont une figure ovale, des traits arrondis, un front étroit, des yeux foncés, des cheveux noirs et rudes, un teint olivâtre. Moins nomades que les Bédoins ils n'ont cependant pas, comme les Maures, adopté complètement les habitudes sédentaires des villes ; ils vivent dans des cabanes, se livrent à l'agriculture et au commerce. Leur langue, qui se parle encore sans mélange étranger dans l'Ile de Zerbi ou Djerba, est en usage depuis les frontières de l'Egypte et 'de la petite Oasis jusqu'à l'Atlantique et aux Canaries, et depuis les chaînes les plus septentrionales de l'Atlas, jusqu'au sud du Sahara. On distingue plusieurs rameaux dans la famille Berbère : 1° les Amazihs ou Schellouh (nobles, libres), à l'Ouest dans le Maroh ; 20 les Kabiles ou Kobaïls (pluriel de Kabyleh, tribu), dans les montagnes du pays d'Alger et de Tunis ; 3^ les Tibbous, entre le Fezzan et l'Egypte; 40 lesTouareghs (pluriel
de terka, tribu) dans la partie du Sahara comprise entre le Maroc, le Fezzan et le Soudan.
D'aprèsM. RousseauJoseph, lesBerbers formentune nation puissante et indisciplinée, en parties nomades, répandus dans les états du Maroc, Fez, Alger, Tunis et Tripoli. Selon quelques historiens arabes, lesBerbers descendraient des Amalécites et des Chananéens, que les Israélites chassèrent de la Palestine. D^autres les disent issus des Hémianites qui vinrent s'établir en Afrique au temps de la grande inondation d'Aroun. D'autres enfin pensent qu'ils ont eu pour souche, Ber, fils de Gnais — Phaélan, un des anciens rois d'Egypte, qui, à la suite d'un démêlé avec sa famille, fut se réfugier dans rintérieur des terres ; quand on demandait des nouvelles de ce prince fugitit, le peuple répondait Berber, ce qui veut dire, Ber est allé au désert. Ces mots devinrent, à la longue, le mot patronymique de sa postérité. Quoiqu'il en soit les Berbers sont cultivateurs, riches en bestiaux, belliqueux, adonnés à la chasse et au brigandage, bons cavaliers et toujours bien armés. Asservis et musulmanisés en l'an 647 de l'ère chrétienne, ils ont toujours été la souche dynastique des chefs qui ont régné dans ces contrées.
Les Kabiles ont été primitivements nomades ; les invasion des divers conquérants de l'Afrique les ayant chassés des plaines et refoulés vers les lieux d'accès difficiles, ils ont modifié leurs habitudes, pris une vie sédentaire, cultivé les champs, bâti des villages, et exploité plusieurs genres d'industrie. Ils sont forgerons, maçons, taillandiers, armuriers, fabricant de monnaie;
ils construisent des pressoirs à huile, dressent des ruches d^aheilles, et connaissent la cuison des tuiles, la fabrication du savon et de la poudre. D'un esprit pratique et positif, simples et rudes; ils sont doués du don de l'imitation et de l'aptitude des doigts et des mains. On a retrouvé en eux les mœurs et les qualités des Auvergnats et des Savoyards, la sobriété à toute épreuve, le labeur infatigable, la plus sévère épargne, l'honnêteté et la franchise, mais, en même temps, la violence de caractère, et l'opiniâtreté dans les ressentiments. Les Kabyles opposent à la domination française une grande résistance, qui paraît avoir, en partie, pour cause principale l'appréhension d'être placés sous le commandement des caïds arabes.
COULOUGLIS ou KOULOUGLIS
Tel est le nom donné, en Algérie, aux descendants des Turcs qui sont venus s'établir dans le pays et de femmes indigènes. Ils formait une closse intermédiaire entre lesTurcs d'une part, les Maures, les Arabes et les Berbères d'autre part. Moins fanatiques que les autres mahométans, ils se sont ralliés franchement à la domination française.