‹ Douze conférences d'hygiène, rédigées conformément au plan d'études du 12 août 1890Chapitre 15 sur 22 · VACCINATION · texte numérisé non relu

VACCINATION

maladie extrêmement rare en Allemagne à tel point qu'elle ne figure plus dans les statistiques mortuaires sommaires.

A Berlni, avant la promulgation de la loi rendant la vaccination et la revaccination obligatoires, la mortalité par variolp était de IGO par 100 000 habitants ; en 1880, il n'y en avait plus que 0,81, 4,474 en 1881, 0,43 en 1882 et 0,.53 en 1885.

.\ Paris, sous un régime absolument différent, les statistiques des morts par variole, sur 100 000 habitants pendant la même période, sont les suivantes :

En 1880, 108.91 décès varioliques par 100 000 habitants ; en 1881, 49, {8 ; en 1882, 29,(55; en 1885. 20,4.

Voici ce que la variole nous coûte en France.

On vaccine ou revaccine dans l'armée, avons-nous dit, tout homme arrivant au corps; le service étant obligatoire pour tous, il y a l<à une garantie réelle contre la variole; aussi notre armée, — c'est là une nouvelle preuve de l'efficacité des vaccinations, — est-elle loin aujourd'hui des tristes chiffres mortuaires de 1870-

De 1872 à 1880, le nombre des morts par variole n'a été que de 514 sur un effectif de 5 022 659 hommes; depuis 1880, la mortaUté s'est encore abaissée :

1880, 75 décès par variole ; 1881, 41 ; 1882, 42 ; 1885, 15 ; 1884, 15: 1885, 6; 188(5, 16; et 1887, 18.

Voyons enfin les résultats obtenus dans quelques ';entres tels que Lyon et Bordeaux, où fonctionnent des instituts vaccinaux.

La vaccination n'est pas obligatoire dans ces villes, mais elle est ainsi rendue plus facile, et partant se fait mieux et plus fréquemment.

Or, voici ce qui s'est passé à Lyon : de 1875 à 1884, il mourait en moyenne annuellement 158 individus par variole. En 1884, l'institut vaccinal est créé ; en 1885, il y s 6 décès par variole; en 1886, 9 ; et en 1887. 9.

A Bordeaux, de 1876 à 1881, la moyenne des décès annuels par variole est de 180. En 1881, l'institut vaccinal se crée. De 1881 à 1888, la moyenne annuelle des décès varioliques tombe à 45.

L'isolement pour les affectinns transmissibles est individuel on collectif, snivanl qn'il s'applique à nn individn senl, placé dans sa famille, ou qu'il a pour but de réunir dans un même endroit les malades atteints de la même maladie, ou encore suivant qu'il s'adresse à une collection d'individus séparés des populations qui les entourent.

Dans les |)reniiers, le malade est maintenu dans une pièce spéciale et les personnes appelées à lui donner des soins pénètrent seuls près de lui. Celles-ci ne doivent prendre aucune boisson ni aucune nourriture dans la chambre du malade, ne jamais manger sans s'être lavé les mains avec du savon et une solution désinfectante, se laver fréquemment la figure avec une solution désinfectante, se rincer la bouche de temps en temps et avant démanger avec une solution désinfectante.

Quant à la chambre du malade, elle doit être aérée plusieurs fois par jour; les rideaux, tentures, tapis et tous les meubles qui ne sont pas indispensables, ainsi que tous vêtements ou objets de laine inutiles, doivent être enlevés et le lit placé au milieu de la chambre.

Tant que le malade séjournera dans la chambre, les objets qu'elle renferme n'en sortiront pas sans avoir été préalablement désinfectés, surtout s'il s'agit de linge de corps et de literie.

L'indication des désinfectants et d^es procédés de désinfection à employer suivant les cas sera donnée au paragraphe suivant.

Quant à la durée de l'isolement, elle peut être variable suivant la nature de la maladie transmissible. Elle sera de cinquante jours pour la diphtérie, de quarante jours pour la variole et la scarlatine, de vingt-cinq jours pour la rougeole, la varicelle et les oreillons. Avant de rentrer dans la vie commune, le malade doit prendre un bain savonneux, ou se laver soigneusement s'il ne peut se baigner, et se revêtir de vêtements propres, désinfectés s'il les avait sur lui lorsqu'il a commencé sa maladie.

DÉSINl'llCTION. \ri

nSINFKCTION.

La (lésintoclion a poiii- l)iil (ronipêchcr l'extension des maladies transniissibles en détruisant leurs germes ou en les rendant inotTensit's.

Les maladies transniissibles sont en eflet engendrées par des germes provenant d'individus antérieurement atteints, ainsi que nous l'avons vu précédemment; leur propagation peut et doit être évitée au moyeu de certaines mesures d'hygiène, parmi lesquelles la désinfection occupe assurément le premier rang.

D'autre part, quelle que soit la théorie adoptée pour expliquer la propagation de ces maladies, il est un fait certain, admis par tout le monde, c'est que les objets salis par les malades renferment de nombreuses causes de transmission.

La destruction des germes pathogènes s'adresse, pour un cas donné, au local occupé par le malade dont l'atTectiou est transmissible, aux objets renfermes dans ce local et surtout aux objets qu'il a souillés par contact médiat ou immédiat. En elTet, les maladies transniissibles peuvent se communiquer : par le malade lui-même et son entourage, par les cadavres, parles aliments et par les objets lui ayant servi (meubles, vêtements, linge, etc.). parles personnes qui voient les malades, par les pièces habitées par ceux-ci, par leurs excrétions. De là diverses conditions à remplir, dont les unes pourraient être laissées à la discrétion des particuliers, mais dont la plupart ne peuvent être appliquées que par des personnes expérimentées, d'autant plus que les procédés préconisés pour la désinfection des objets et des appartements ne sont pas sans entraîner des précautions spéciales.

Ces procédés peuvent être groupés sous trois catégories : 1° les fumigations gazeuses; 2" les liquides antiseptiques; .')'' la chaleur sous diverses formes.

Les fumigations gazeuses comprennent principalement l'acide sulfureux, le chlore et les vapeurs d'acide chlorhydrique, les vapeurs nitreuses, etc. Seul, l'acide sulfureux a reçu des applications pratiques; les autres produits, que l'on pourrait également employer en fumigations. otTrent de graves inconvénients

et quelques lois do réels dangers, bien connus de tout le monde et sur lesquels il est inutile d'insister. L'acide sulfureux est recommandé en France, mais de plus en plus abandonné dans un certain nombre de pays étrangers, et tout parliculièremenJ en Allemagne, où la désinfection est cependant très vulgarisée; son emploi a été rejeté par le congrès international d'hygiène de Vienne en 1887. La désinfection par l'acide sulfureux ne doit être considérée que connue un pis aller; elle ne parvient pas à désinfecter les étoffes, tentures et objets mobiliers; elle ne peut offrir d'avantages que pour les surfaces et encore est-il permis de penser que les lavages à l'aide de liquides anti-septiques ou le dégagement de vapeurs désinfectantes donnent, même dans ces cas, des résultats meilleurs. .Nous en indiquerons néanmoins l'emploi puisqu'il vaut mieux certainement la pratiquer que de ne rien faire lorscju'on n'a p;is d'autres procédés de désinfection à sa disposition.

. Désinfection par l'acide sulfureux. — On procède pur la combustion de 50 grammes de soufre par mètre cube de l'espace à désinfecter en opérant de la façon suivante :

On colle quelques bandes de papier sur les fissures ou joints qui pourraient laisser échapper les vapeurs sulfureuses;

On fait bouillir sur un réchaud, pendant une demi-heure, une certaine quantité d'eau, de manière à remplir la chambre de vapeur;

Du soufre concassé en très petits morceaux est placé dans des vases en terre ou en fer peu profonds, largement ouverts et d'une contenance d'environ un litre;

Les vases en fer sont d'une seule pièce ou rivés sans soudure;

Pour éviter le danger d'incendie, on place les vases contenant le soufre au centre de bassins en fer ou de baquets contenant une couche de 5 à G centimètres d'eau ;

Pour enflammer le soufre, on l'arrose d'un j)eu d'alcool, et on le recouvre d'un peu de coton largement imbibé de ce liquide, auquel on met le feu.

Le soufre étant enflammé, on ferme les portes de la pièce et l'on colle des bandes de papier sur les joints.

La chambre n'est ouverte qu'au bout de vingt-quatre heures.

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