‹ Douze journées de la révolutionChapitre 12 sur 53 · SV3A · texte numérisé non relu

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CONDITIONS DE LA SOUSCRIPTION

Les Douze Journées de la Révolution seron publiées en douze livraisons, avec une gravure pou chaque journée, dessinée et gravée à Feau-forte pa MM. Jonannot et Raffet, tirée sur papier de Chine

Il paraîtra trois livraisons par mois.

DOUZE LIVRAISONS IN-OCTAVO

Imprimées sur beau papier des Vosges, par Juif Didot l'aîné.

Prix : i fr. 5o c. la livraison de 3 2 pages avec une gn vure tirée sur papier de Chine, et 1 fr. 70 parla post«

i'AHIS. — IMPRIMERIE DE JULI-S DIDOT l'aÎNE, HUE DU PONT-DE-LODI , N° 6

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DE LA

POEMES

PAR

PARIS

PERROTIN, ÉDITEUR

RUE DES FILLES-SAINT-THOMAS, N° 1, ET RUE NEUVE-DES-MATHURINS , tf° 54 (CHAUSSÉE D'ANTIN).

M. DCCC. XXXII

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Voici une page d'horreur et de frissons, voici une date à rayer d'un glorieux livre ; le sang qui la couvre est plus repoussant, plus odieux à voir que celui des échafauds ; c'est le sang du meurtre , du meurtre dans ses plus effrayantes proportions. Le poète qui s'est donné la tâche de chanter cette lamentation osera tout dire, il ne voilera aucun coin de l'horrible tableau; il faut que la poésie soit cynique de relief à l'œil et à l'esprit, comme la gravure du frontispice. A quoi bon imiter les historiographes des rois, ceux qui glissent adroitement sur les crimes des Cours , tout tremblants de compromettre la cause monarchique ? La cause de la liberté n'a pas besoin d'écrivains officieux; elle est toujours en dehors de toute solidarité criminelle.

L'histoire des rois abonde en sanglantes pages , et il s'est souvent rencontré des écrivains pour les justifier; on a eu l'impudeur de les appeler rigueurs salutaires. Même tolérance a été accordée aux vastes exécutions religieuses de Séville, de Lisbonne, de Goa; mais nous, hommes de la liberté, nous flétrissons le i septembre. Pourtant on ne peut établir aucune commune mesure entre le fiévreux et sanglant paroxisme de notre époque, etles sept journées royales d'août 15^2, et les auto-da-fé permanens de l'Europe et de l'Inde. Les cinquante mille huguenots massacrés au nom de Charles IX ; les (Jeux mil-

lions d'hérétiques brûlés en deux siècles, sont auprès du 2 septembre, comme ces immenses tableaux de destruction peints aux voûtes des Musées, et qui absorbent les petites scènes de deuil domestique suspendues au-dessous. H y a plus, ces massacres royaux ou religieux étaient ordonnancés avec calme. Le roi Charles IX, dit un historien , permit aux Parisiens de tuer les huguenots.} En Espagne et dans l'Inde , on assassinait avec pompe et quiétude, par de belles soirées d'été, sur de riants amphithéâtres , parfumés de roses et de jasmins. Au 2 septembre, le délire était dans tous les cerveaux; le sol tremblait; Paris était dans les convulsions de l'agonie; l'ennemi émigré et l'ennemi prussien étaient à l'horizon avec leurs promesses inviolables d'incendie et de subversion; il fallait partir en masse pour se battre, et ceux qui partaient se tournaient de frayeur vers ces prisons menaçantes , où rugissaient d'espoir tant de royalistes imprudents; alors il se trouva, ce qu'on trouvera toujours dans Paris, des hommes horribles qui se chargèrent d'une exécution. . . Il est étrange que ce soient précisément les apologistes des grands septembriseurs royaux et religieux qui essaient de flétrir notre belle révolution pour les crimes des Billaud-Varennes et des Maillard. A chacun ses œuvres ; les causes pures ne craignent rien des folies sanguinaires des hommes. Torquemada et Billaud-Varennes n'ont pas laissé une seule tache sur le front de la religion et de la liberté.

1 Trésor de l'Histoire de France, par Gilles Corrozet, avec privilège du roi, iti/{!). Paris, chez Clousier, place Dauphine.

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