‹ Douze journées de la révolutionChapitre 14 sur 53 · LUC · texte numérisé non relu

LUC

Brunswick , pâle témoin de nos premiers élans ,

Déchira sa victoire écrite sur ses plans ,

Car l'heure était venue où , partis de Jemmapes,

Nous allions visiter le monde par étapes ,

Et couvrir sous les fleurs de nos arcs triomphaux

Le parfum qui montait du pied des échafauds.

DE LA

1 « Comme si l'ouragan brûlait encor nos têtes. »

Il y a dans cette page quelques vers que Némésis avait empruntés aux Douze Journées , pour le 1 6 août de Varsovie , 2 septembre polonais.

2 « On n'entend que ce cri : Paris est pris demain ! »

A cette époque , l'armée française réunie à Sedan , et privée d'un chef de confiance, paraissait incapable de résister à l'invasion. Le 20 août, Longwy avait été investi par les Prussiens; bombardé le 21, il capitule le 24. Le 3o, Verdun subissait le même sort. Brunswick et l'émigration étaient sur la route ouverte de Paris ; le manifeste de vengeance allait avoir son plein effet. Qu'on juge du désespoir des Parisiens !

3 « Il faut frapper un coup ! »

Ce fut le mot de Danton , à la nouvelle de l'approche de l'ennemi : ce mot fut répété, et il se rencontra des hommes qui lui donnèrent une extension criminelle qui peut-être n'était pas

dans l'esprit de Danton. Mais l'heure était trop brûlante pour qu'on pût songer à raisonner sur une phrase symbolique. Ceux qui voulaient du sang l'expliquèrent selon leur horrible passion, et le i septembre fut fait.

4 « L'assassinat se lève et marche à l'Abbaye. »

La cloche de Saint-Germain-l'Auxerrois , qui sonna le grand 2 septembre de Charles IX, convoqua deux siècles après, par un tocsin nocturne, les assassins de l'Abbaye.

De l'Abbaye on se rua dans toutes les prisons de Paris, aux Carmes, à la Conciergerie, au Luxembourg, à la Salpétrière, à Bicêtre, à la Force, à Saint-Firmin. Par-tout le meurtre y répéta les mêmes tableaux. Le peuple se porta aussi au Temple; mais là, devant le seuil même de la prison royale, la Commune avait fait tendre un ruban tricolore ; chose étrange ! ces hommes , enivrés et altérés de carnage , s'arrêtèrent devant cette frêle barrière comme devant un mur d'airain.

5 « Nul d'entre eux ne viendra dans ce lugubre enclos ! »

Pendant ces effroyables égorgemens , l'Assemblée tenait ses séances ordinaires, et sur les rapports qui lui parvenaient à chaque instant, elle passait tranquillement à l'ordre du jour. Toutefois il est juste de dire que le ministre Roland s'éleva avec courage contre ces assassinats ; au plus fort des massacres, il les dénonça à l'Assemblée et à la France ; il requit même Santerre qui était alors à Versailles.

Pétion , Dussault, Bazire, Manuel, et d'autres magistrats ou Députés , essayèrent aussi de calmer la rage des exécuteurs ; mais il leur fallut cédera la force; leur voix fut couverte par des huées,

et ce n'est pas sans danger pour eux-mêmes qu'ils parvinrent à sauver quelques prisonniers. En un mot, l'Assemblée était impuissaute, elle demeura spectatrice. La formidable Commune seule pouvait tout et ordonnait tout.

Les relations sur ces désastreuses journées varient beaucoup sur le nombre des prisonniers massacrés. Prudhomme affirme que le nombre des morts ne s'est pas élevé au-dessus de mille quatre cent trente-trois, tandis que Saint-Méard, auteur de Y Agonie de trentesix heures, le fait monter à douze mille huit cent quarante-sept. M. Thiers l'évalue de six à douze mille. Dans la séance des Jacobins du i3 février 1793, Dufourny déposa sur le bureau du président une liste des personnes massacrées en septembre ; leur nombre s'élevait à mille soixante-dix-neuf.

Des recherches même assidues n'amèneraient peut-être aucun éclaircissement sur ce sujet. Il serait difficile aujourd'hui de fixer un chiffre exact sur le nombre des victimes , à cause de la partialité des auteurs contemporains.

D'après les auteurs cités par Montgaillard , les victimes de la Saint-Barthélémy s'élevèrent dans toute la France à cinquante mille. Sully, ministre d'Henri IV, évalue leur nombre à soixantedix mille.

5 « La foule bat des mains devant Billaud-Varenne. »

Billaud-Varennes , revêtu de son écharpe, encourageait les massacreurs. « Peuple, disait-il, tu égorges des scélérats, tu sauves la « patrie , tu fais ton devoir. »

« 7 Vous aviez mesuré la largeur de la fosse. » Quand le jour des massacres fut fixé, on chercha des sépulcres

m NOTES.

assez larges pour contenir la foule des cadavres ; Hébert visita luimême, et désigna à cet effet, les vastes excavations de Mont-Rouge. En même temps, et par la même préméditation, on avait eu soin de rassembler une quantité suffisante de chaux , de balais, de tombereaux , pour consommer régulièrement ces immenses funérailles.

8 « Non , voilà l'arc-en-ciel , le signe d'espérance. »

Le drapeau tricolore allait faire sa première apparition victorieuse à Valmy et plus tard à Jemmapes : c'était son début.

9 « Ces corps pourris qui sentent toujours bon. »

Allusion au mot connu d'un roi de France : Le corps d'un ennemi sent toujours bon.

10 « Kellermann, Dumouriez, Custines, Miranda,

« Pléiade qu'à nos yeux tant de lustre décore. . . »

Parmi ces hommes , il en est un qui fut terni par la défection , un autre qui périt sur l'échafaud, accusé de trahison; mais alors ils étaient tous grands et purs.

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CONDITIONS DE LA SOUSCRIPTION

Les Douze Journées de la Révolution seron publiées en doui> l' oraisons, avec une gravure poui chaque journée, dessinée et gravée à l'eau-forte pa: MM. Jonannot et Raffet, tirée sur papier de Chine

Il paraîtra trois livraisons par mois.

douze livraisons in-octavo

Imprimées sur beau papier des Vosges, par .Iule Didot Faîne.

Prix: i fr. 5o c. la livraison de 32 pages avec une gra vure tirée sur papier de Chine, et j fr. 70 parla poste

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