PROLOGUE. X11J
Respirons après tous ces on dit!
Enfin, un de ces premiers jours de la quinzaine d'août, comme je me promenais dans la galerie du château de la Muette, en regardant les tableaux avec insouciance, un monsieur me prit pour un connaisseur, et me pria de lui dire mon avis sur un Woovermans. Je lui répondis que je n'entendais rien aux tableaux, comme tout le monde. Il me provoqua en conversation, parcequ'il avait l'air de périr d'ennui. Nous parlâmes, ou, pour mieux dire, il parla politique; et de Belgique
M. Méry s'est retiré du monde politique et littéraire depuis la révolution de Juillet. Avant de commencer avec moi sa carrière poétique , il en avait fourni une plus orageuse dans un pays et à une époque de fanatisme. Il avait fondé, à vingt ans, avec Alphonse Rabbe et M. Reynard, la Presse constitutionnelle à Marseille ; il avait subi trois procès politiques et deux condamnations à plusieurs mois d'emprisonnement. Arrivé à Paris , il écrivit dans presque tous les journaux de l'opposition, et partagea de plus tous mes travaux. Il a perdu sa santé à cette vie de labeur, et quand Juillet est venu, il n'a rien demandé ni à la Commission des condamnés politiques, ni à celle des récompenses nationales, ni aux ministres.