III. — Symptômes engendrés par les décharges microbiennes
Ils sont essentiellement constitués par la fièvre et le frisson. Les aspects variés de la courbe thermique dépendent beaucoup moins de la nature des germes pathogènes que des conditions qui ont présidé à la migration microbienne. La fièvre continue correspond à l’évolution d’un foyer qui infecte régulièrement le sang, d’où son caractère constant de haute gravité. La fièvre rémittente s’observe quand les foyers déversent d’une façon discontinue des germes dans la circulation, à chaque essaimage correspond une ascension thermique. Bientôt se constituent des métastases diverses aboutissant au tableau de la septico-pyohémie dans lequel les produits de désintégration cellulaire seront une nouvelle cause de température par autointoxication (pyothermie). La fièvre intermittente avec phases d’apyrexie intercalaires est conditionnée par des décharges successives provenant d’un foyer limité qui n’offre aucun symptôme évolutif appréciable (mé-
ningococcémie à type pseudo-palustre). Le mécanisme physio-pathologique de la fièvre et du frisson est complexe. Comme une corrélation étroite ne peut être constamment établie entre ces symptômes et la présence de germes dans le sang, il apparaît que fièvre et frisson sont la conséquence d’une bactériolyse. Celleci, selon les germes incriminés, met en liberté soit des endotoxines qui agissent sur les centres thermorégulateurs, soit plus simplement des produits de désintégration jouant lé rôle d’albumine hétérogène et déterminant un choc protéique. De plus, une sensibilisation acquise au cours de l’infection peut mettre le sujet en état d’intolérance vis-à-vis des constituants antigèniques de l’agent microbien et accentuer encore les réactions de l’organisme vis-à-vis des substances microbiennes libérées.
Les symptômes divers qui accompagnent fièvre et frisson n’apportent à la sémiologie de la septicémie aucun élément probant de diagnostic. Par contre, ils offrent un intérêt de pronostic (accélération du pouls, baisse de la tension artérielle, gravité des signes toxiques, exanthèmes).
IV. — Symptômes liés aux réactions du tissu endothélial et des organes hématopoiétiques.
Ici doivent être surtout retenues les manifestations purpuriques ou vésiculo-purpuriques qui témoignent vraisemblablement d’une endothéliite parcellaire évoluant en dehors des signes hématologiques des purpu-
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ras. La tuinéfaction de Ja rate est un symptôme inconstant, mais de valeur importante, surtout lorsque l’augmentation splénique douloureuse est liée à . un infarctus. L’examen du sang n’offre de particularité que si la septicémie évolue sous l’allure d’une anémie pernicieuse (streptocoque, B. perfringens). Les cas exceptionnels simulant une leucémie aiguë sont de valeur très discutable.