ÉTUDES SUR LES PASTEURELLOSES
Contribution à l’étude des pasteurelloses à propos d’un cas de pasteurellose humaine. Avec MM. Teissier, Ileilly, et Rivallier. l» Congrès de Strasbourg, octobre 1921.
Journal de Physiologie et de Pathologie générale, tome 20, n« 2, 1« mémoire, p. 212, 22S, 2« mémoire, p. 241, 235.
ETUDE BACTÉRIOLOGIQUE
Dans un cas de pleurésie à évolution subaiguë, nous avons isolé un microbe présentant tous les caractères d’une pasteurella; c’était un coccobacille polymorphe immobile, ne prenant pas le Gram, non sporulé ni cilié, troublant le bouillon en formant un voile, ne liquéfiant pas la gélatine, ne donnant pas de culture sur pomme de terre, anaérobie facultatif, produisant de Tindol et subissant l’action lytique de la bile.
L’action pathogène et la virulence de ce germe ont été étudiées dans de nombreuses expériences qui nous ont
permis de reconiiaîlre qu'il n’y a (‘lu’un nombre très restreint d’animaux réfractaires à l’inoculation de ce coccobacille ; ce sont le cbat et la poule. Tous les autres animaux de laboratoire sont réceptifs^ souris, cobaye, lapin, chien, rat, pigeon. La souris manifeste une réceptivité
Pasteurolla. Pulpe de la rate d’une souris Inoculée avec le pus pleural
extrême vis-à-vis du germe étudié ; l’inoculation souscutanée de i/io de millionnième de centim. cube amène constamment la mort de l’animal. On peut donc dire que, pratiquement, le germe tend à l’unité. La virulence sur le cobaye est également très grande ; la mort survient à des doses de i millionnième de centim. cube.
l‘ASTEtlliHLLOSl;S
ii;r
Les diffei'eiites voies d’infection sous-cutanée, péritonéale, oculaire, digestive et aérienne, ont toutes mis en évidence l’extrême virulence de ce coccobacille. A l’autopsie du cobaye, on trouve des lésions caractérisées par de-|’(edème gélaliniforme au point d’inoculation, une
fasteurella-Frottis ilu pus péritonéal chez le cobaye
hypertrophie g-anglionnaire du territoire infecté, des lésions de périhépatite diffuse ; enfin des hémorragies viscérales plus ou moins intenses.
Toutes les voies d’infections ont été réalisées chez le lapin qui est aussi très sensible au germe étudié.
Le cliien présente une sensibilité à un moindre degré. Il est curieux de remarquer que le coccobacille isolé, si pathogène pour la plupart des animaux de laboratoire, ne détermine pas de contagion inter-animale. Il agit par son pouvoir virulent, non par sa toxicité-; il
Pasteurella-Culture sur gélose
détermine expérimentalement une septicémie et des lésions locales à la façon des agents classés dans le groupe dit des septicémies hémorragiques. On sait que les auteurs et tout spécialement M. Lignières ont décrit plusieurs variétés de pasleurellæ. La question de l’indi-