‹ Drainage des terres arablesChapitre 146 sur 166 · DEUXIÈME ESSAI · texte numérisé non relu

DEUXIÈME ESSAI

Whitehead. 0.076 7.34 32.5 10.0 1.7 très-bon.

Clayton 0.083 6.86 21 8.6 1.9 id.

Sciage 0.086 6.35 36 8.2 1.7 id.

De ces résultats on conclut, pour le travail moteur exigé dans ces trois machines afin de faire 1,000 bouts de tuyaux ayant 0m.3i3 de longueur, et environ pour diamètre intérieur 0,n.038, les nombres suivants :

Diamètre Travail moteur Prix

des pour étirer 1000 des

tuyaux. tuyaux. machines.

m. kilogrammètres. fr,

Clayton 0.038 3,40i 725

Whitehead 0.038. 5,814 700

Scragg 0-042 6,067 875

On comprend qu'après la constatation de pareils résultats le prix, consistant en 500 fr., a du être décerné à la machine Clayton.

Nous ajouterons qu'il résulte d'expériences dynamométriques faites en 1850, au Conservatoire des Arts et Métiers de Paris, sur la machine Thackeray (importation de la machine Ainslie), que cette machine exige un travail moteur de 48.(5 kilogrammètres pour produire 1 mètre de tuyau ayant 0m.038 de diamètre intérieur et 0m.045 de diamètre extérieur. Ces chiffres correspondent à un travail moteur de 6,380 kilogrammètres pour l'étirage de 1,000 bouts de tuyaux ayant chacun une longueur de 0m.343 et les autres dimensions ci-dessus.

En 1852, au concours tenu à Lewes par la Société royale d'Agriculture d'Angleterre, la machine de M. Scragg remporta le prix après un essai où furent engagées 4 machines. Le tableau suivant rend compte de cet essai :

Nombre de tours de la manivelle Noms pendant lesquels Diamètre Longueurs Prix

des Hommes la Inbiication intérieur des tuyaux des

machines, employés. a eu lieu. des tuyaux. étirés. machines.

m. m fr.

Scragg 2 155 0.051 36.4 400

Williams... 2 155 0.057 22.1 4?0

Armitagp... 2 155 0.051 18-4 350

kearsby.... 2 155 0.053 32.4 725

COMIWKAISON El CUOIX DES MACHINES A ÉTIllEll LES TUYAUX. 325

Au concours de Gloucester, en d853, le prix fut remporté par la machine de M. Whitchead, après un essai où parurent trois machines. Les tableaux suivants rendent compte des expériences effectuées :

Nom

Durée

Pression

Notub

re de

tours

Longueur

des

de

sur

de la manivelle

des tuyaux

machines.

l'essai.

la manivelle.

dynamométrique.

étirés.

minutes.

kilogr.

S< ra-ig

Whiteheatl.

Williams.. ,

Travail moteur

Nombre

pour étirer

de

Diamètre

Prix

1,000 tuyaux

tuyaux

Tuyaux

des

des

dcon,-5t5de long.

étirés.

défectueux.

tuyaux.

machines

kilogrammctres.

fr.

Wliilelwad

Williams. .

En 1854, au concours de Lincoln, c'est à la machine de Scragg que le prix fut décerné après un essai dont les éléments sont réunis dans les tableaux suivants :

Nom des machines.

Durée effective du travail, ininutes.

BurgessetKey...

Scragg

W'iileliead

Durée Tuyaux Tuyaux

du remplissage parfaits imparfaits

des machines, étirés. étirés.

minutes.

Longueur de chaque

tuyau.

Longueur totale

des tuyaux parfaits, m.

BUtgess et Key. . . 20.60

Scragg 70.05

Wliitehead 76-86

Longueur Nombre Travail moteur

totale de tours Pression pour étirer

des tuyaux delà sur la 1,000 bouts

imparfaits, manivelle, manivelle, de o1". sir..

in. kil. kilogrammetres

C'est à cause de la trop forte proportion de tuyaux défectueux fournis dans cette expérience par la machine

Nombre

Travail moteur poui

de tuyaux étires.

étirer 1,000 tuyaux.

kilogrammètres.

de Whitehead que le prix fut décerné à la machine de Scragg. Ce jugement a été réformé en 1855; au concours tenu à Carlisle, la Société d'Agriculture d'Angleterre attribua le prix à la machine de Whitehead, après l'essai dont voici les pricipaux éléments. Deux machines seulement furent engagées, et on obtint ces résultats :

Nom Longueur

des machines. des tuyaux, m.

Scragg 0.343

Whitehead 0.3i3

On voit que, depuis que M. H. Clayton s'est retiré des concours de la Société royale d'Agriculture d'Angleterre, la victoire est restée sans conteste, et tour à tour, aux deux machines de M. Scragg et de M. Whitehead. Il y a toutefois lieu de remarquer que toujours les machines de M. Whitehead ont demandé un peu moins de travail moteur. Nous n'avons pas besoin d'avertir que, si les chiffres qui représentent la puissance motrice employée ont varié d'une année à l'autre, cela doit tenir particulièrement à ce qu'on n'a pas expérimenté sur la même terre, dont l'état exerce une grande influence sur la production des machines pour une dépense de force donnée. On comprend aussi que le diamètre des tuyaux change la quantité de travail à obtenir.

Les chiffres que l'on a sous les yeux ne concernent malheureusement qu'un nombre trop restreint de machines, ce qui diminue considérablement leur utilité directe pour les personnes qui, en France, veulent faire un choix entre toutes les machines connues. Ils serviront toutefois de renseignement important pour fixer les idées sur la puissance nécessaire pour étirer un certain nombre de tuyaux. INous rappellerons, par exemple, qu'un homme

faisant tourner une manivelle peut, dans huit heures de travail par jour, produire 172,800 kilogrammètres, c'està-dire l'effort suffisant pour étirer 25,000 à 30,000 tuyaux moyens, s'il n'y avait pas les pertes de temps nécessaires pour remplir les boîtes des machines à piston, pour couper et enlever les tuyaux, etc. La puissance motrice est donc très-mal employée dans les machines actuelles; on n'utilise pas le cinquième de ce qui est disponible.

Mais la considération de la force n'est pas, à beaucoup ^rès, la seule sur laquelle nous avons à appeler l'attention. Au point de vue du principe de leur construction, les machines sanctionnées par la pratique se divisent : 1° [en machines continues qui malaxent, criblent et étirent; 2° en machines continues qui ne malaxent pas; 3° en machines intermittentes»

Les premières machines ont pour types les machines d'Etheridge, de Franklin, de Porter (chap. XXXVI , XXXVII et LXVII, p. 221, 223 et 296, fig. 102, 103 et 133); elles fabriquent avec la terre naturelle ou avec les proportions convenables des divers matériaux propres à donner une bonne pâte de poterie3 avant que ces matériaux ne soient ni mélangés ni broyés* Mais elles fournissent des produits généralement d'une qualité assez médiocre, it moins de coûter très-cher et d'être alors une combinaison de deux ou même de trois espèces de machines.

Les secondes machines, dont le type est la machine d'Ainslie, importée en France par M. Thackeray (chap. XIX et XX, p. 1S0 et 182, fig. 82, 83 et &4), fournissent de bons tuyaux, quand la terre a été convenablement préparée et que les cylindres de l'espèce de larninoir qui sert à pousser cette terre à travers les filières peuvent agir efficacement. Cette condition n'est pas toujours remplie; certaines terres, trop courtes, trop douces ou trop molles,

échappent à cette action des cylindres et refusent de se laisser étirer, malgré les rainures dont M. Thackeray a armé les surfaces de ses cylindres. En outre , l'acheteur n'aura pas à se mouvoir entre de bien larges limites, car son choix se trouvera restreint entre la petite et la grande machine de M. Thackeray, et toutes deux sont d'un prix assez élevé, tant par elles-mêmes que par leurs accessoires. Mais, d'un autre coté, les tuyaux qu'elles fournissent, fails avec une terre bien préparée, purgée de toute espèce de matières étrangères, ayant une consistance suffisamment ferme, présentent peut-être l'avantage de sécher plus facilement sans donner lieu è autant de déchet, par suite des fissures causées par l'évaporation d'une forte proportion d'eau.

Les machines du troisième genre, c'est-à-dire à piston, peuvent travailler avec toute sorte de terre, courte, longue, douce, rugueuse, molle ou ferme; elles ne fournissent certes pas, dans tous les cas, des produits d'une égale qualité; mais, en s'en servant, le fabricant est sûr de toujours pouvoir employer les terres de sa localité, sans recherches délicates sur des proportions nécessaires à mélanger, afin d'arriver à mouler les tuyaux. Il y a cependant à faire remarquer que la plupart des machines à piston présentent une grande complication d'engrenages, qui ont certainement un but utile à un certaiu point de vue. En effet, avec un ou deux hommes tournant la manivelle, on obtient, par les transformations de mouvement que donnent ces engrenages, une très-grande puissance qui permet d'opérer sur une pâte très-ferme, et par conséquent d'employer très-peu d'eau, avantage important pour une dessiccation prompte et régulière et une cuisson rapide. Mais il arrive souvent qu'un obstacle se présente dans la filière, ou bien que, le piston étant arrivé au bout

de sa course, les ouvriers placés à la manivelle n'entendent pas le signal d'arrêt; dans les deux cas ils continuent à tourner et font un effort plus grand pour vaincre la résistance présentée. Alors une ou deux dents cassent, et la machine se trouve hors de service. Le raccommodage n'est pas facile dans beaucoup de localités, et il s'ensuit des chômages forcés très-préjudiciables. Cet inconvénient grave, qui s'est présenté très-souvent, et contre lequel on a lutté en partie par des systèmes d'arrêt tels que celui de la machine Jordan (chap. XLVII, p. 245, tig. 413), ou par des dispositions spéciales de la crémaillère, telles que celles de la nouvelle machine de M. Whitehead (chap. LXUI, p. 236), nous fait attacher beaucoup de prix aux machines simples. Il est un nouveau motif pour que nous désirions le plein succès de la petite machine si peu coûteuse dont nous avons donné la description précédemment (chap. LXX, p. 305, fig. 142 et 143), et qui pourra être fabriquée par les ouvriers les moins habiles.

Pour bien apprécier les machines, il faut considérer aussi le mode de décharge des tuyaux. La direction de cette décharge est ou verticale, ou horizontale. Dans la plupart des machines habituelles, et notamment dans les plus estimées aujourd'hui, qu'elles soient continues ou intermittentes, la décharge est horizontale. Cette disposition n'offre des avantages que pour l'étirage des tuyaux de petites dimensions. En outre, elle permet d'armer les machines de filières convenables pour fabriquer également des briques de diverses formes, ce qui est un mérite dont on doit tenir grand compte. Mais s'il s'agit de fabriquer des tuyaux d'un fort calibre, ayant des diamètres de 0m.15 à 0m.20 et au-dessus, il n'en est plus de même. Le glissement sur les rouleaux des tables, même lorsque ces rouleaux présentent des courbures appropriées, selon le sys-

tème de M. Vincent (chap. LXXI, p. 311, fig. 144), cause l'affaissement du cylindre étiré et une déformation à peu près irréparable. Les fabricants qui voudront faire des tuyaux d'un grand diamètre devront donc avoir recours aux machines à décharge verticale de Clayton, de Rouillier, de Franklin (chap. X, XXV et XXXVII, p. 161, 203 et 225, fig. 74, 97 et 104).

Nous ajouterons qu'en employant la décharge verticale on n'a pas à redouter les effets de l'air comprimé sous le piston. Cet air, en arrivant, entouré d'argile, au contact de l'atmosphère, fait éclater les parois de sa prison. Il en résulte un trou, et, par suite, un tuyau perdu dans les machines à décharge horizontale. Mais si on se sert d'une machine à décharge verticale, comme le mandrin est placé à l'avance dans le tuyau, l'ouvrier appuie avec le doigt et bouche immédiatement le trou formé lorsqu'une bulle d'air comprimé vient à éclater.

Il est indispensable pour beaucoup de terres de leur faire subir une préparation par le passage à travers une grille cribleuse, avant de s'en servir pour l'étirage. Toutes les machines ne sont pas propres à permettre cette opération, quoiqu'on ait dit d'une manière générale qu'il n'y avait qu'à remplacer la filière par un crible ou môme à placer une grille en avant de la filière. Mais cela n'est .guère praticable dans la plupart des machines, à cause de la difficulté d'enlever le gâteau pierreux amoncelé en avant de la plaque semée de trous qui effectue le criblage. Il n'y a guère que de très-grandes machines, comme celle de Porter (chap. LXVII, p. 295), coûtant très-cher, mue par une force très-considérable et présentant des dispositions tout à fait spéciales, qui permettent d'exécuter à la fois et l'épuration et l'étirage. Si on a une machine disposée de façon à ce qu'on puisse placer facilement une plaque épu-

ratrice, comme sont les machines verticales de Clayton et de Rouillier, la machine de Schlosser et la nouvelle machine de Whitehead (chap. X, XXV, XLI et XLIII, p. 160, 201 , 228 et 234), il convient d'épurer pendant une partie de la journée et d'étirer pendant le reste du temps. On peut aussi avoir une machine consacrée à l'épuration et une autre à l'étirage. Si on se résout à cette méthode, on peut avoir recours à un appareil d'épuration spécial , tel que celui de MM. Clamajeran etRoberty, ou à la machine de MM. Blot et Leperdrieux (chap. LXV et LXVf, p. 238 et 241). Nous avons dit que la machine à quarante francs (chap. LXX, p. 310) pourrait aussi devenir facilement une machine d'épuration très-commode.

Il faut compter, en général, pour un service actif et bien fait de l'étirage des tuyaux, un ouvrier chargeur, un ouvrier tournant la manivelle, un ouvrier coupeur, un ou deux enfants ou femmes pour porter les claies. Dans la machine verticale de Clayton, chez M. Lauret, il faut six hommes pour l'épuration et cinq hommes pour l'étirage et le rangement sur les claies. L'épuration, comme nous l'avons déjà dit, dure les deux tiers de la journée, et l'étirage l'autre tiers; on fait 2;500 à 3,000 tuyaux en moyenne. Ce nombre correspondrait à une fabrication de 7,500 à 9,000 pour une journée totale, si la terre était épurée par une seconde machine, c'est-à-dire de 1,250 à 1,500 tuyaux par ouvrier.

La plupart des fabricants regardent comme un maximum une fabrication de 1,000 bouts de tuyaux par jour et par homme. Dans ces rapprochements, il est bien entendu qu'on compte tous les ouvriers, et non pas seulement ceux qui tournent la manivelle et chargent la machine de terre; autrement on arrive aux conséquences les plus erronées. 11 faut aussi avoir bien soin de ne comparer le

travail des machines qu'indépendamment de la préparation de la terre. Dans des prospectus de marchands ou fabricants de machines , afin de favoriser certaines machines, on lit des comparaisons où on ne tient compte que des hommes qui tournent la manivelle, tandis que, pour les machines mises en regard, on a soin de supputer tous les ouvriers. Nous notons le fait, pour que nos lecteurs se tiennent en garde contre des promesses peu véridiques.

Nous pensons qu'avec les détails que nous avons donnés, en montrant, autant que nous avons pu, le pour et le contre de chaque parti à prendre, le lecteur pourra facilement se décider, d'après les conditions spéciales dans lesquelles il se trouve placé, peur telle ou telle machine. Il nous reste à donner les adresses mêmes des principaux fabricants de machines que nous connaissons; les voici à peu près par ordre d'ancienneté :

M. Calla, rue Chabrol, n° 20, à la Chapelle, près Paris. — Machine horizontale et à piston mue par une crémaillère (chap. XXIV, p. 198). Cette machine joint à un bon marché relatif une solidité suffisante, lorsque les crémaillères et les pignons sont en fer forgé.

M. Laurent, rue du Château-d'Eau, n° 20, à Paris. — Machines Williams, Scragg et Ainslie, de différents modèles.

M. Julien, à Hemichemont (Cher). — Machine imitée de la première machine deWhitehead.

M. Rouiliier, à Chelles (Seine-et-Marne). — Machines verticales bien faites et bons malaxeurs (chap. XXV, p. 201). L'usine de Fourchambault (Nièvre). — Machines à piston et à caisses horizontales.

L'École des Arts et Métiers d'Angers. — M. Beauregard, qui possède la briqueterie mécanique dite de la Maison - Blanche, à Louris, sur la route d'Orléans à Pithiviers, à

14 kilomètres d'Orléans, dit du bien de la machine que lui a fournie l'École des Arts et Métiers d'Angers ; elle a été faite sur un modèle vertical de Clayton que le Gouvernement a fait venir d'Angleterre; elle a coûté 550 fr. avec cinq moules à tuyaux et un moule à briques. M. Beauregard pense que ce prix pourrait être diminué si Ton supprimait le système d'engrenage secondaire qui, dans la machine Clayton , sert à faire remonter le piston lorsqu'on veut remplir les cylindres de terre; il pense aussi qu'on pourrait employer un mode meilleur et plus simple de couper les tuyaux.

M. Schlosser, rue de la Roquette, n° 51, à Paris. — Très-bonne machine à étirer les tuyaux, pouvant épurer facilement; bons malaxeurs (chap. XLI, p. 228). • M. Bertin-Godot, rue de l'Hôtel-Dieu, à Soissons (Aisne). — Machine à levier (chap. XXVI, p. 204).

M. Brethon, serrurier-mécanicien à Tours, rue du Gazomètre. — Machine du système Franklin (chap. XXXVII, p. 222).

MM. Blot et Leperdrieux, à Pont-Carré, par Tournan (Seine-et-Marne). — Machine spéciale, convenable particulièrement pour l'épuration (chap. XLVI, p. 241). Broyeur, 120 à 200 fr.; machine à épurer et à fabriquer les tuyaux, 575 fr.; chaque filière additionnelle, 25 fr.; tablier à rouleaux droits sans bassin, 35 fr.; petit tablier à rouleaux à gorge et à bassin , 45 fr.; chaque garniture de rouleaux à gorge pour le petit tablier, 15 fr.; grand tablier à rouleaux à gorge et à bassin, 75 fr.; chaque garniture de rouleaux à gorge pour le grand tablier, 35 fr.

MM. Raynaud et Cie, rue Fourbastard, n° 7, à Toulouse (Haute-Garonne). — Machine Virebent (chap. XVLIH, p. 246), fabriquant par jour, avec 3 ouvriers, 3,000 tuyaux de 0m.035 de diamètre et coûtant 400 fr., y compris trois

filières de différents calibres, au choix des demandeurs, depuis 0m.020 jusqu'à 0m.100 de diamètre. Afin que les tuyaux d'un diamètre supérieur puissent servir de manchons à ceux d'un diamètre immédiatement inférieur, et qu'en outre les tuyaux puissent se placer les uns dans les autres pour diminuer le prix de la cuisson en économisant la place au four, MM. Raynaud et Cic ont établi deux jeux de filière ainsi qu'il suit : 1er jeu, 0m.020, 0m.042 et (K080 de calibre intérieur; 2e jeu, 0m.035, 0m.062 et 0m.095. On pourrait, au besoin, ajouter au premier jeu une filière donnant des tuyaux de 0m.U0 de diamètre intérieur.

M. Whitehead, à Preston (Angleterre). — Machine excellente, simple et à bras, n° 0, 370 fr.; simple et à bras, n° 1, 525 fr.; à double effet et à bras, n° 2, 700 fr.; appareil pour faire fonctionner la précédente à la vapeur, 135 fr.; chaque filière, 12 fr.; chaque fourchette pour emporter les tuyaux, 4f.50 à 12f.50; tablier pour les tuyaux de grand diamètre, -40 fr.; crible pour la machine n° 0, 29 fr.; crible pour les machines nos 1 et 2, 32 fr.; malaxeur, 250 à 350 fr.

M. H. Glayton, Atlas-Works, Upper-Park-place, Dorsetsquare, Londres. — Machine verticale à décharge verticale, 625 fr.; machine verticale à double décharge horizontale et verticale, 750 fr.; machine horizontale à double effet, n° 3, 700 fr.; machine horizontale à simple effet, n° 4, 525 fr.; machine horizontale à simple effet, n° 5, 362 fr.; machine horizontale à double effet, n° 6, pour les plus gros tuyaux, 1 ,000 fr.; malaxeur simple, 375 fr.; malaxeur et broyeur, 875 fr. à 1,875 fr.

M. Hochereau, directeur de la Société de Haine-Saint- Pierre, à Haine-Saint-Pierre, province du Hainaut (Belgique). — Machine verticale de Clayton avec tables et huit filières, 4,050 fr.; machine simple de Dovie (chap. XXVIJ,

p. 207), avec 8 filières, 600 fr.; machine double de Dovie, avec doubles tables et 16 filières, 750 fr.

Le lecteur a, nous le pensons, sous les yeux tous les renseignements utiles pour l'aider à faire son choix et ses achats. Il nous reste cependant à dire quels sont les droits d'entrée que payent les machines importées de l'étranger. A cette question qui nous a été souvent posée nous répondrons par quelques faits.

En 1849, un agriculteur ayant voulu introduire une machine Clayton, à décharge verticale, avec une collection d'outils, le tout d'une valeur de 900 fr., et pesant environ 1,000 kilogrammes, a dû payer à la douane 435 fr. Peutêtre eùt-il été bien alors que le Gouvernement, dans le but d'encourager le drainage, déchargeât de ce surcroît de dépense un homme qui, par son initiative, allait faire entrer l'agriculture française dans une voie où l'agriculture anglaise avait trouvé tant de bénéfices. Il n'en a rien été; au contraire, il a été dit alors qu'il n'y avait rien de nouveau dans l'idée de faire des tuyaux de poterie en poussant la terre à travers des moules avec un piston. Ainsi agissent trop souvent les bureaux des administrations publiques en France ! On y prend des mesures contraires à l'intérêt général , opposées aux intentions mêmes de l'autorité supérieure, afin de se conformer à des règlements rédigés pour des circonstances qui ne sont plus.

Nous avons raconté précédemment comment nous avons clé conduit à payer les droits de la machine que nous nommons Machine à quarante francs (chap. LXX, p. 309). Il nous reste à dire quelles ont été, dans cette occasion, les exigences de la douane, et à détailler tous les embarras que rencontrent les importations. Nous parlons pièces en main.

La machine, telle qu'elle avait été envoyée, était renfermée dans trois colis, pesant ensemble 37k.50. La douane

l'a classée parmi les appareils complets autres qu'à vapeur,

taxés à 70f.70 les 100 kil., ce qui a donné :

Droits du tarif pour 37k.50 26f.52

Double décime de guerre 5 . 32

Total.... 31.84 A cela il faut ajouter un timbre de 0f.25 ;ies objets payant moins de 10 fr. acquittent seulement un droit de timbre de 0f.05) ; ci 0.25

La quittance porte sur 32.09

Mais la douane a exigé que je fisse faire un dessin de la machine; que, par conséquent, j'amenasse un dessinateur, et, en outre, que je servisse de caution à M. Hombourg, au nom duquel était fait l'envoi de la machine.

Il résulte de ces exigences que toute machine qui n'est pas envoyée accompagnée d'un dessin, et qu'on ne vient pas chercher avec une personne pouvant servir de caution sohable, doit entrer en entrepôt. Cette conséquence entraîne les frais suivants :

Déclaration et bulletin d'entrée à l'entrepôt lf.50

Pouvoir en douane 1 .00

Droits de manutentions ordinaires 1 .00

Pesage 0 . 50

Prime d'assurance 1 . 00

Droit de visite (le dessinateur doit voir la machine) 0.75

Droit de sortie 1 .50

Total ... 7.25

11 faut ajouter que la machine paye plus ou moins de frais d'emmagasinage, selon qu'elle reste plus ou moins longtemps à l'entrepôt. Dans le cas actuel, on a fait payer if.15 pour 5 mois et 1/2.

Le dessin que demande la douane, et dont le prix a été de 20 fr., a pour but de permettre à une commission de révision de vérifier si le droit a été bien appliqué, et,

dans le cas où le fisc trouverait qu'il n'a pas été demandé le taux maximum, la caution est responsable de l'excédant à payer.

N'a-t-on pas bien raison de dire que les douanes sont des barrières presque infranchissables pour les agriculteurs, dont le temps est si précieux et qui ne peuvent, durant cinq à six heures, courir de bureau en bureau pour recueillir jusqu'à 18 signatures avant d'entrer en possession d'une machine qui doit bien plutôt servir d'exemple à leur contrée que leur être directement profitable?

En restant dans la question du drainage, ne pouvonsnous pas conclure des faits précédents que les machines à étirer les tuyaux étant essentielles pour que le drainage, opération éminemment agricole, soit possible, on devrait ne leur faire payer que ce qu'on demande aux machines et instruments d'agriculture, c'est-à-dire 15 fr. pour 400 kilogrammes? Nous avons l'espoir que le récit que nous venons de faire amènera une réforme qui sera accueillie avec reconnaissance par l'agriculture.

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