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Tour Cloylon (élévation du colé des loyer

Dans la figure 181 , on voit en H S une chaîne qui est destinée à maintenir la maçonnerie vers le milieu de sa hauteur; nous avons représenté cette chaîne en plan dans la figure 183.

38'i LIVRE IV

FABRICATION DKS XL VAUX Di: DBAIXAGB.

Les dimensions du laboratoire au-dessus du lit T sont de 2m.73 de large, 2m.73 de haut et 3m.CG de long; ce qui donne une capacité de 28 mètres cubes environ, pouvant contenir 21,(300 tuyaux.

rQDRS A CUIRE LES Tl VAUX.

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QGGDOOnrOIDOOL

Pour élever un pareil four, il faut 41, 000 briques ordinaires, 2,500 briques intérieures réfractaires, et l,C00 briques d'arceaux. Les briques intérieures sont reliées par de l'argile ne contenant pas de chaux; le reste de l'ouvrage est construit avec du mortier ordinaire, mais de bonne qualité.

Les fours que nous venons de décrire ont l'inconvénient de coûter un prix un peu élevé, et par conséquent de ne pouvoir être économiquement établis que dans des fabriques destinées à une grande fabrication et à une longue existence. Or les tuyaux de drainage présentent un poids considérable que nous évaluerons plus loin, et il n'en faut qu'une quantité limitée dans chaque localité. Il résulte de cette dernière circonstance qu'une grande fabrique, pour pouvoir se soutenir, est obligée d'expédier les tuyaux au loin. Alors, à cause des frais de transport d'une marchandise à la fois fragile et très-pesante, les tuyaux atteignent un prix trop élevé pour les ressources des agriculteurs. Ces raisons ont déterminé l'invention, en Angleterre, de fours d'argile temporaires, d'un prix peu élevé, qui durent deux, trois ou quatre ans, selon les besoins d'une localité, et qu'on démolit sans regret et sans perte lorsque l'entrepreneur de drainage transporte ailleurs ses ateliers et ses chantiers. En France, où l'emploi de la brique est loin d'être aussi considérable qu'en Angleterre, à cause de l'abondance de nos carrières de pierres, des fours coûteux ne pourraient peut-être plus beaucoup servir, dans beaucoup de nos départements, une fois que les travaux de drainage seraient effectués. Nous croyons donc devoir recommander tout spécialement la construction des fours temporaires en argile.

Nous trouvons la description d'un tel four dans une notice de M. Law Hodges, insérée dans le Journal de la Société cl' Agriculture (V Angleterre (1). La forme en est circulaire. On l'aperçoit en élévation (fig. 190) ; il est couvert par une charpente en planches. On le construit intégralement en terre humide, fortement foulée, qu'on recouvre intérieurement et extérieurement avec de l'argile plastique.

Pour former les murailles de ce four, on pioche le sol de manière à ouvrir- une tranchée circulaire; la terre ainsi déblayée est employée à la construction. On laisse une base CD (fig. 485) circulaire, d'environ lm.20 d'épaisseur et de l^.SO de diamètre. C'est dans cette base qu'on ouvre les cameaux qui doivent conduire dans le four les gaz de la combustion.

Si on doit chauffer au bois, on établit trois alandiers û, que Ton voit dans le plan (fig. 185) du four, fait suivant la ligne A B de la coupe (fig. 186). Si on fait usage de la houille comme combustible, il est nécessaire d'employer quatre alandiers.

Il faut environ 1 ,200 briques communes pour construire les trois alandiers a et leurs carneaux K (fig. 185, 186 et d87). Dans le cas de l'usage de la houille comme combustible, on emploie un peu moins de briques, mais il faut, en revanche, six barreaux en fer par chaque alandier.

Les murs de terre FEN (fig. 186) ont 2m.13 de haut, lm.20 d'épaisseur sur l'aire du laboratoire, et 0m.60 au sommet, ce qui détermine le talus extérieur du four E F. L'intérieur est taillé à pic, et on y applique une couche d'argile plastique qui devient assez dure, après le premier feu, pour présenter la résistance d'un mur en briques.

Ce four peut être construit en toute sûreté au mois de mars, ou, d'une manière générale, lorsque le danger des injures de la gelée est passé. Après l'été, on le recouvre de fagots ou de litière pour le protéger contre les pluies et le froid de l'hiver. .

Le laboratoire a un diamètre MN de 3m.35 et une hauteur de 2m.13, ce qui correspond à une capacité de 19 mètres cubes environ. Une porte qu'on aperçoit dans l'élévation (fig. 184), et qu'on ferme avec un léger mur en briques, permet l'enfournement et le défournement.

388 LIVRE IV. — rAWCATUni DF5 TUYAUX DE DRAI>'AGE.

Fi 2. 164. — Four lemcoraire en terre (élévation).

•". — F r temporaire en terre plan suhar.l la li^ne AB de la couf e .

Fig. I8G. — Four temporaire en terre [coupe

Êcbelle d; on,.Oi pour m'-tre.

1 ig. 187.— Four temporaire en terre (projection sur le plan supérieur).

M. Law Hodges estime dans sa notice que, d'après les dimensions ci-dessus, le four doit contenir :

47,000 tuyaux du calibre de

Comme les deux derniers calibres sont moins employés en Angleterre , il évalue à 24,800 le nombre de tuyaux de toutes dimensions de chaque fournée; et comme, durant la belle saison, on peut faire 1 5 chauffes avec un pareil four, on pourrait fabriquer, selon M. Hodges :

705,000 tuyaux de 0m.025

ou 487,000 — 0.032

ou 300,000 — 0.044

Nous verrons plus loin que les tuyaux usités en Angleterre, selon le système de M. Parkes, nous semblent d'un trop petit diamètre, et nous n'évaluons pas à plus de 14,000 à 15,000 le nombre de tuyaux ordinaires que peut contenir le four que nous venons de décrire.

En tous cas le prix de construction de ce four est remarquablement faible ; M. Law Hodges ne le porte qu'à 125 fr.

Dans une lettre adressée en avril 1848 à M. Pusey, M. Hodges (1), pour montrer les avantages du four temporaire en terre et donner une preuve expérimentale de sa durée et de ses services, s'exprime ainsi : « Le four en question a été construit en juin 1844, et a coûté moins que 125 fr.

a 11 a servi quatre fois cette même année, et a donné à rhaque fournée de 18,000 à 19,000 tuyaux du diamètre îe 0".044.

(1) The Journal of thc royal Society o/England, t, IX, p. 198.

« En 1845, il a servi à faire neuf fournées d'une durée de quinze jours, et à chaque fournée on a cuit à peu près 19,000 tuyaux.

a En 1840, on a obtenu les mêmes résultats.

« En 1847, il a servi douze fois, toujours en fournissant la même quantité de tuyaux. Dans le courant de cette dernière année, on a dû faire quelques réparations peu importantes, qui ne se sont pas élevées à plus de 12 à 13 francs.»

Nous ne croyons pas qu'il y ait rien de plus simple et de plus économique, jusqu'à présent, que le four temporaire de campagne en terre imaginé par M. Hodges. 11 a été, du reste, adopté par un grand nombre de praticiens et décrit dans presque tous les ouvrages de drainage publiés en France depuis que nous l'avons fait connaître, en 1853, dans le Journal d' Agriculture pratique. M. Hervé Mangon rapporte [Instructions pratiques sur le Drainage) que certains fabricants spéciaux de tuyaux de drainage emploient, pour des établissements de moyenne importance, un four à coupole dont les figures 188 et 189 donnent l'élévation, la coupe en travers, le plan en dessus et une coupe horizontale. Le combustible est placé sur les grilles des alandiers disposés à la circonférence de la base du four. Des carneaux construits dans le prolongement des alandiers conduisent les gaz de la combustion sous un parquet en briques sèches posées en échiquier. Ce parquet reçoit les tuyaux placés verticalement les uns au dessus des autres. On peut cuire à la fois, avec un four construit suivant l'échelle des figures (0n\01 par mètre), de 30,000 à 35,000 tuyaux de 0m.045 de diamètre extérieur. La cuisson dure de 33 à 35 heures, et consomme 3,000 à 4,000 kilogr. de houille de qualité moyenne. On détourne 24 à 3G heures après l'extinction du feu, en démolissant la cloison légère

Fi£. 188. — Élévation et coupe (n travers d'un four à coupole. Coupe AB. ^^mmmmmm^ Plan.

Fig. 189. — Plan en dessus et coupe horizontale d'un four a coupole.

FCIRS A CCIBK LES TUYAUX. 393

avec laquelle on ferme, après l'enfournement, la porte menacée dans la paroi du four.

MM. Virebent conseillent aux fabricants, comme offrant une économie notable par sa construction et par ses avan-

Cmpc A.B

Fig. 190. — Coupe du lourde HM. Virebent, suivant la ligne A B du plan (fig. 192).

tages, un four rectangulaire représenté par les figures 490, 191, i92 et 193. Sa largeur est dans œuvre de lm.30, sa longueur de 2 mètres, et sa hauteur au-dessus du parquet de pose également de 2 mètres. L'épaisseur des murs est de 0m.r>0, celle de la paroi P qui l'environne de 0m.80.

Pour l'établir on opère un déblai de 1 mètre de profondeur au moins, et on déblaie le plan incliné qui conduit à l'alandier F. La face de cette ouverture doit être tournée, autant que possible, vers le nord, afin que la ventilation ait une plus grande activité. Non compris le plan incliné

Coupa (xil.

Fig. 101. — Coupe verticale du four de MM. Virement du côté de l'alandier.

qui conduit à l'alandier, on a à déblayer une largeur de 2l\20 et une longueur de 3 mètres. Les terres extraites servent à construire la paroi en pisé F qui entoure le four et qui permet de diminuer l'épaisseur dinnur. L'épaisseur totale du mur et de la paroi est de lm.30. On construit la

chemise en briques bien buttées contre les parois, en ayant soin de garnir tous les joints avec soin. Dans cette construction, on a soin de ménager la porte E, qui sert pour l'enfournement, le détournement et la conduite du feu. On élève le mur jusqu'à 2 mètres environ au-dessus du sol

Coupe, H.F

Fig- 192. — Plan du four de MM. Virebent. suivant la ligne EF de la coupe (lig. 190).

voisin, 3 mètres au-dessus du fond déblayé. Au-dessus du mur on place quelques piliers destinés à supporter l'auvent ou faîtage.

En élevant la face située du coté de l'alandier F, on bâtit un cintrage à tiers-point, et, pour éviter les effets de la poussée produite par le chauffage, on établit une arma-

ture L, en bois de chêne ou autre, relié par des équerres en fer. Enfin l'on construit des arceaux qui composent le foyer. Les arceaux D ne doivent pas être liés aux murs de revêtement, afin qu'on puisse les renouveler au besoin sans faire de dégradation. Les arceaux sont au nombre de

Conpe CD.

JT

Fig 193. — Plan du four de MM. Virebenl à la hauteur C D de la ligure 190

cinq et ont un espacement de 0n,.10; leur hauteur doit excéder de 0n,.05 à 0m.0G celle de l'alandier, afin que par leur affaissement ils ne présentent pas, après quelque temps d'usage, de difficultés au chauffage. Ils sont cintres à tiers-point comme l'alandier. Dans les contrées où abondent la houille et la tourbe, on établit des grilles dans les

voûtes des arceaux pour faciliter la combustion. Quand on chauffe au bois, on met simplement du combustible sur le sol.

La capacité de ce four est de 5 . 2 mètres cubes ; il contient de 12,000 à 15,000 tuyaux. La durée totale d'une cuisson s'établit ainsi :

fleures.

1° Enfournement 24

2° Petit feu, qui varie de 12 à 15 heures, suivant la nature du combustible employé ; avec de la houille ou des fagots, il peut

même descendre à 10 heures; soit 14

3° Feu mo\en, appelé bâtard, durant de 2 à 3 heures, soit 3

4° Grand feu, qui doit être surveillé vers la 15e ou 16e heure. ... 17

5° Feu de clôture ; ce feu doit être d'abord moyen et ensuite petit. 2

6° Refroidissement . 36

7° Défournement 24

Total 120

Il faut donc cinq jours pour une cuisson, c'est-à-dire trois fois moins de temps environ qu'avec le four de M. Vincent. MM. Virebent admettent qu'il faudrait augmenter la durée du chauffage proportionnellement à l'accroissement qu'on donnerait à la capacité du four, si on le construisait sur de plus grandes dimensions.

Les fours que nous venons de décrire ne diffèrent pas notablement des fours le plus communément employés à la cuisson des poteries communes, briques ou tuiles. Ils ont pour type une bouche latérale, un foyer inférieur, un laboratoire superposé à ce foyer, et des carneaux servant de cheminées multiples; leur axe de tirage est vertical. Le plus grand nombre même n'a pas de voûte; on couvre ceux-là simplement vers la fin du travail pour protéger le refroidissement. Quelques-uns des fours décrits, quand ils ne sont pas trop grands, répartissent assez bien la chaleur, mais ils n'économisent guère le combustible. Presque partout les frais de cuisson forment du tiers à la moi-

tié du prix de revient total des tuyaux. De nombreuses tentatives ont été faites pour empêcher la déperdition de la chaleur. Pendant ces quinze dernières années, il a été pris, en France, plus de quarante brevets d'invention pour résoudre la question d'une cuisson bien égale et économique.

On chercha surtout à cuire d'une manière continue, et de façon à ne pas perdre l'énorme quantité de chaleur qui se dégage depuis le moment où la cuisson est arrivée à son terme jusqu'au nouvel enfournement. On essaya aussi de faire en sorte que les gaz fussent évacués dans la cheminée à la température strictement nécessaire pour que le tirage pût avoir lieu. L'invention qui parut avoir le plus de chance de succès fut celle qui consistait à avoir une bouche et un foyer à une extrémité, et une cheminée latérale à l'autre extrémité, avec un axe de tirage incliné par rapport à l'horizon. En 1849, un ingénieur civil de Paris, M. Tijou-Geslin, tenta de faire disparaître les inconvénients de ce système, qui donnait une trop inégale répartition de la chaleur, en adoptant une disposition qui permît de faire passer successivement la matière par tous les degrés de température jusqu'à cuisson parfaite. Cette innovation, empruntée aux fours à réchauffer des verreries, consiste à placer la matière sur des supports mobiles, et à la rapprocher successivement du foyer. Elle a ouvert une voie nouvelle et doit être considérée ajuste titre comme le point de départ des progrès récemment accomplis.

Le Cour de M. Tijou-Geslin a été breveté sous cette désignation :

« Four en pente, à cuisson graduelle, successive et conte tinue, au moyen de wagons-cornues, descendant natuu rellement et à volonté dans toute sa longueur, sur des

« rails-supports, munis de roues ou de galets, pour la « cuisson des briques, tuiles, etc. »

Il a la forme d'un demi-cylindre couché sur une pente de 0u,.to par mètre, et se divise dans sa longueur en deux parties à peu près égales. La première longueur forme un laboratoire d'environ 4-5 mètres de long sur lm.80 de hauteur et lm.08 de largeur. Elle est munie à son extrémité inférieure, c'est-à-dire vers le milieu de la longueur totale, d'un ou de plusieurs foyers latéraux, et à son extrémité supérieure d'une cheminée verticale, au-dessous de laquelle se trouve une double porte destinée à l'enfournement des produits. La seconde longueur, close également à son extrémité inférieure par une double porte, est destinée à leur refroidissement. Une double série de galets en fonte, disposée sur deux lignes parallèles aux parois, occupe la sole du four dans toute sa longueur. Des wagons ou cornues chargés de produits s'engagent sur ces galets au moyen de deux rainures pratiquées sous leur base, s'avancent par leur propre poids depuis la porte d'enfournement jusqu'à celle de défournement, en passant devant le foyer ou les foyers latéraux, et subissent ainsi, d'une manière successive, graduée et continue, réchauffement et le refroidissement. La chaleur produite par le foyer décroît dans toute la longueur du laboratoire et agit graduellement sur les produits.

Ce système promettait une grande économie de combustible et d'excellentes conditions pour la cuisson. Toutefois, l'inventeur ne s'était pas dissimulé qu'il renfermait un vice inhérent à sa nature même : celui de faire mouvoir, au milieu d'une température élevée, des matières susceptibles de subir le retrait et la dilatation, et de s'user rapidement sous 1'inttuence de cette température. Aussi, à la précaution d'employer pour ses wagons la terre ré-

fractaire plutôt que la fonte, il avait ajouté une disposition dont le but était de maintenir ses roues ou galets et leurs essieux à une température inférieure à celle du laboratoire, en les enveloppant continuellement d'un jet de vapeur, au moyen d'un filet d'eau courant sous chaque ligne, dans un tuyau percé d'un regard sous chaque galet.

Malgré toutes ces précautions, le système ne put fonctionner. La mort de l'inventeur vint arrêter les perfectionnements qu'il y eût sans doute apportés, et le brevet fut abandonné après le payement d'une annuité.

L'insuccès de cette ingénieuse invention doit être attribué surtout à la longueur excessive du laboratoire, qui refroidissait complètement les gaz avant leur arrivée à la cheminée, d'où résultait l'impossibilité radicale du tirage, et à la différence de température entre le laboratoire et la partie destinée au refroidissement, qui faisait éclater les produits lorsqu'ils passaient de l'un à l'autre.

Dans le courant de l'année 1852, deux brevets furent pris pour l'exploitation de la même idée : l'un par MM. Péchiné et Colas, l'autre par M. Demimuids.

MM. Péehiné et Colas substituèrent aux roues ou galets fixes les rails d'un petit chemin de fer, ou, k volonté, des boulets en terre réfractaire roulant dans des rainures pratiquées dans la sole du laboratoire, et supportant des tablettes en terre réfractaire chargées de produits. Ils réduisirent la longueur du laboratoire, et placèrent à l'extrémité de la chambre de refroidissement une seconde cheminée destinée à y appeler une partie de la chaleur du foyer. Mais ce système fut abandonné par ses auteurs au bout d'une année, et modifié par l'adoption définitive de wagons en fonte marchant sur un chemin de fer, et par la suppression de la cheminée du canal de refroidissement. Ce canal est replié et appliqué parallèlement au labora-

toire, qui est muni, à son extrémité inférieure et latéralement, de plusieurs appareils à engrenage destinés à la manœuvre des wagons. Enfin, au-dessus de ce laboratoire, un carneau communique directement à la cheminée, et sert à régler la température.

Le four de MM. Péchiné et Colas est employé aujourd'hui à la tuilerie de Bèze (Gôte-d'Or), dirigée par M. Chevigny et appartenant à M. Paul Thénard. Cette fabrique, fort importante, a fait en 1855 plus de 2 millions de tuyaux, 600,000 grandes tuiles, 200,000 tuiles ordinaires, 20,000 pots à fleurs, et une certaine quantité de briques réfractaires. D'après une note manuscrite que nous a remise M. Thénard, le four de MM. Péchiné et Colas utilise la chaleur de manière que la température de la fumée ne dépasse jamais 200° dans la cheminée. Une étuve, chauffée par la chaleur perdue des marchandises qui viennent d'être cuites, permet de travailler pendant les temps les plus humides. Cependant ce four ne suffit pas à toute la fabrication; la tuilerie de Bèze possède encore un four ordinaire constamment actif.

M. Demimuids a conservé dans ses appareils un canal longitudinal, qu'il nomme appareil tube à plan incliné, avec une seule cheminée et une forte pente. Il a placé vers son milieu deux foyers latéraux en regard l'un de l'autre, et a aussi substitué aux galets fixes des wagons et un chemin de fer. Ce four est employé dans la briqueterie de M. Borie, dont nous avons déjà parlé plusieurs fois. La planche IV en donne une coupe longitudinale (fig. a), le plan (fig. (3), et plusieurs coupes transversales (fig. y, è e et C) qui permettent d'en comprendre tous les détails.

Dans la coupe (fig. Ç) exécutée suivant la ligne G F du plan (fig. p), A représente le mur intérieur de l'appareil, B les carneaux de communication des foyers au four,

b la grille des deux foyers qui sont placés (fig. S et e) de chaque côté du four, de manière à échauffer fortement les chariots G, chargés des produits à cuire, au moment de leur passage en CD (fig. 6). Un canal de refroidissement D communique, d'une part, avec la cheminée au point G, et, d'autre part, en deux points G , avec le four dans lequel descendent les chariots pour arriver à la porte de sortie. L'entrée du four (fig. o) se trouve près de la cheminée, et se ferme par une porte à coulisse g, manœuvrée à l'aide d'une tirette g'. Le tirage de la cheminée se règle d'ailleurs par un registre F, qu'on manœuvre par une tirette /. L'inclinaison du four est obtenue par des arceaux à piliers H.

A part les modifications que nous avons signalées, les fours de MM. Péchiné et Colas et de M. Demimuids reproduisent dans leur intégrité le principe et la disposition du four de M. Tijou-Geslin. Les efforts des nouveaux inventeurs paraissent avoir spécialement porté sur les moyens de faire voyager la matière dans l'intérieur du four. Mais ce voyage est très-difficile ; il peut entraîner des chômages par le moindre accident qui arrête un wagon, et il doit causer bien des détériorations.

Quels que soient donc les services que les nouveaux appareils puissent rendre, en raison de l'économie de combustible qu'ils procurent, la pierre d'achoppement du système est dans la difficulté du cheminement continu des produits à cuire. Ajoutons que, lorsqu'il s'agit surtout d'objets d'une cuisson difficile, tels que la brique pleine, les carreaux, etc., l'action des gaz qui s'exerce au bout d'un wagon n'est plus assez énergique sur les derniers produits pour leur donner le degré de cuisson nécessaire, d'où résulte une inégalité notable entre les premiers et les derniers produits du même wagon.

fOHB I, PAGES 402 F.T -iOr>

Les inconvénients des systèmes que nous venons d'expliquer ont enfin donné naissance à un nouveau procédé, dans lequel son auteur, M. Gh. Barbier, ingénieur agricole à Chaumont (Haute-Marne), a cherché à résoudre le problème posé en prenant exactement la marche inverse pour la transmission du calorique.

Conservant Pidée-mère d'un four canal à petite section, si féconde en résultats économiques, au lieu de mobiliser la matière, il a mobilisé le foyer, et a établi le four sur un plan horizontal, au lieu de le construire sur un plan incliné, obviant ainsi en même temps aux inconvénients de la conduite des wagons et à ceux de la construction de l'appareil automoteur. C'est ce foyer qui va trouver la marchandise, tandis que, dans les fours précédents, celleci venait chercher la température nécessaire à sa cuisson.

Le système de M. Barbier a figuré à l'Exposition universelle de 1855, où l'inventeur avait envoyé un modèle d'une fabrique de tuyaux occupant une surface de 280 mètres carrés, et calculée de manière à pouvoir livrer chaque jour 10,000 tuyaux. L'idée d'une pareille usine a paru très-ingénieuse au jury de l'agriculture, qui, sur notre rapport, a récompensé son auteur par une médaille de première classe.

Ce système est fondé sur l'emploi d'un foyer mobile qui porte successivement la chaleur dans toutes les parties de la masse à cuire, et sur l'action continue des gaz , qui traversent les produits sur une grande longueur, et dont la température décroît à mesure qu'ils s'éloignent du foyer. Ces gaz cuisent ainsi les tuyaux, les briques ou les tuiles les plus rapprochés, en même temps qu'ils effument et préparent les autres progressivement. Il se prête à une grande variété de plans, selon les exigences de l'emplacement, de la matière à cuire et du combustible disponible. Il a pour type, quel que soit le plan qu'on adopte, deux

canaux horizontaux et parallèles, dont l'un forme le four, l'autre une cheminée. Il consiste en une série continue de laboratoires à petite section, disposés à la suite les uns des autres, selon une directrice horizontale, ayant chacun une embouchure destinée à recevoir la tuyère du foyer, et communiquant d'une part entre eux, d'autre part avec une cheminée horizontale qui leur est adossée, et qui communique à son tour avec une ou plusieurs cheminées verticales. Il est surmonté d'un séchoir qui utilise toute la chaleur rayonnée par les parois.

L'axe général de tirage est horizontal. Le foyer, construit à volonté pour le bois, la tourbe ou la houille, vient se présenter successivement devant chaque laboratoire, y séjourne le temps nécessaire pour cuire les produits qu'il contient, et fait ainsi, d'une manière continue, le tour de l'appareil. Il est monté sur un double système de railsways superposés : le système supérieur permet de l'engrener et de le dégrener; le système inférieur lui fait accomplir sa rotation autour du four.

L'application de ces principes généraux varie pour les pâtes communes et les pâtes fines. Dans le traitement des premières, briques, tuiles, tuyaux de drainage, les seules dont nous ayons à nous occuper ici, les laboratoires ne sont point séparés par des cloisons, ils communiquent entre eux librement, et avec la cheminée horizontale au moyen de carneaux munis de valves. Ils forment un seul canal horizontal (prisme quadrangulaire couché) se rejoignant par ses extrémités. Les gaz les parcourent horizontalement dans toute leur longueur.

Les figures 194 à 208 représentent les différentes applications que l'on peut faire du système de M. Barbier à la cuisson des tuyaux de drainage et des autres poteries communes. Le modèle de fabrique qui se trouvait à l'Ex-

FOUKS A CUIRE LKS TUYAUX.

]>osition universelle est représenté par les figures d94, 495, 190 et 197. Cette fabrique, occupant une surface de 280 mètres carrés, l'orme un parallélogramme régulier (fig. 195), mesurant extérieurement 4 4 mètres de largeur sur 20 mètres de longueur, fermé par un mur de deux

Fie

intérieure perspective d'une tuilerie avec deux cheminées extérieures système de M. Barbier).

étages de hauteur, comme le montre la vue perspective que le lecteur a sous les yeux (fig. 194).

Autour de ce mur régnent, à l'intérieur, assis sur une voûte en maçonnerie formant massif, deux canaux horizontaux et parallèles. L'un, adapté au mur, forme une cheminée horizontale.

L'autre forme le four. Il a environ 6*2 mètres de développement, une section de 0m.32 carré, et comprend trente cinq laboratoires.

Sa paroi externe est percée, à des distances régulières, d'ouvertures munies de registres qui reçoivent la tuyère du foyer.

Fig. 195. — Pian d'une tuilerie avec deux cheminées extérieures, construite selon le système de M. Barbier.

Sa voûte se compose de briques posées à plat ; elle est couverte de sable et de pouzzolane artificielle pour éviter l'introduction de l'air.

L'enfournement et le détournement s'opèrent par la voûte .

Des regards permettent de surveiller la marche de la cuisson.

En face do chaque embouchure du foyer, le four est mis en communication avec la cheminée horizontale au moyen de carneaux munis de valves qui ferment alternativement cette communication et la cheminée horizontale elle-même.

PEMRD

Fig. 196. —Coupe et éleva' ion de la ligure 195, passant en avant d'une cheminée a droite t 1 en arrière de l'autre cheminée à gauche-

Cette cheminée communique à son tour avec deux cheminées verticales placées au milieu de chacun des grands côtés du parallélogramme,, et appuyées extérieurement au mur d'enceinte.

Le séchoir occupe l'étage supérieur, et règne au-dessus du four, tout autour de l'usine. 11 reçoit, au travers d'un

Eih tnnr r.yi.

Fig. 197. — Détails du plan d'un four de M. Barbier, a la hauteur des bouches, des laboratoires, des carneaux et de la cheminée horizontale.

Coupe XY

Fig. 198. — Détails d'une coupe à travers une bouche, un laboratoire, un carneau, la cheminée horizontale et le carneau communiquant de celte dernière à la cheminée verticale (système de M. Barbier .

plancher à claire voie, la chaleur rayonnée par les parois.

Cette chaleur est, du reste, concentrée à l'intérieur par le mur d'enceinte, et permet le travail d'hiver aux mouleurs qui sont au centre.

Un hangar accolé extérieurement abrite le manège, le malaxeur et les cylindres.

La terre préparée tombe dans une cave qui débouche dans l'usine, et y est emmagasinée pour les travaux d'hiver.

Ces détails de construction étant compris, voici la marche du frvir.

Le foyer est appliqué à un laboratoire. Celle des cheminées verticales qui est située en amont de sa marche reste fermée. Le tirage s'opère par celle d'aval.

Le four est mis en communication avec la cheminée horizontale à une distance de 6 à 15 mètres du foyer, selon l'aptitude des produits à la cuisson, leur degré de siccité et le combustible employé, en ouvrant une ou deux valves. Toutes les autres valves restent fermées. Les gaz parcourent alors dans le four cet espace de 6 ou 1 5 mètres en cuisant lés premiers produits, préparent progressivement les autres en remplaçant d'une manière continue le petit feu des usines anciennes, passent dans la cheminée horizontale par les canaux ouverts, enfin s'échappent par la cheminée verticale après avoir donné tout leur eifet utile et s être saturés d'humidité.

Quand les produits situés entre la première et la seconde embouchure sont cuits, le foyer change de place et vient se présenter à la seconde embouchure. On ferme les deux valves précédemment ouvertes, on ouvre les deux suivantes, et ainsi de suite.

Le défournement suit la marche de la cuisson. Il s'opère au moyen de deux registres mobiles qui se manœuvrent dans la voûte et isolent successivement chaque laboratoire.

410 LIVRF IV. — FABRICATION DFS TV VAUX DF PRAINAGF.

On comprend facilement cette marche simple et régulière, clans laquelle rien ne fait obstacle et ne peut entraver l'opération.

On conçoit, d'un autre côté, que ces dispositions et cette conduite du feu continu réalisent à elles seules une éco-

'uèlre.

Fig. 200. — Coupe et élévation de la figure 199.

nomie de combustible très-importante, que l'auteur évalue, d'après ses expériences, à 60 pour 100.

Pour arriver aux dernières limites de l'économie, il restait à utiliser la chaleur abandonnée par le refroidissement des produits.

On sait qu'un corps échauffé transmet, en se refroidis-

FOURS A CUIRK LKS TUYAUX.

sant, la chaleur à un degré égal à celui auquel il l'a reçue; d'où il suit, théoriquement, que, lorsqu'on opère, au moyen d'un four, sur des matières identiques, la température nécessaire à leur cuisson, étant une fois donnée, setransmet-

O, 006 poitf îruJïr.

Fig. 202. — Coupe de la figure 201, suivant la ligne brisée I, 2, 3, 4, 5

trait complètement et indéfiniment à de nouveaux produits, si elle ne subissait une perte inévitable par le rayonnement des parois.

C'est cette loi qui a été mise à profit, en employant à la cuisson la partie disponible de cette réserve de calorique,

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en même temps que le séehoir profite du rayonnement des parois.

En. effet , en introduisant, avec la précaution conve-

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Fig. 204. — Coupe, à travers la cheminée et Fig. 205. — Coupe, à travers

les laboratoires, de la ligure 203.

la bouche, le laboratoire, le carneau et la cheminée horizontale, de la ligure 203.

Fig. 206. — Détails de la charpente en fer supportant l'appareil locomobilc de M. Barbier.

nable, et à une distance de 20 mètres environ en arnont du foyer (selon les expériences de l'auteur), de l'air extérieur dans le four, cet air, entraîné par le tirage, s'empare, en

refroidissant successivement les produits, d'une partie de la chaleur qu'ils possèdent, reçoit un complément en face du foyer et porte ce calorique aux nouveaux produits.

De cette façon Faction du foyer est augmentée de la puissance calorifique des produits cuits, et, une fois l'opéra-

Fig. 207. — Détails en profil H élévation du foyer mobile de M. Barbier, monté sur son double système de rail-way.

tion en marche, au lieu de rester acteur principal, le foyer ne devient, pour ainsi dire, qu'un auxiliaire réparant la déperdition occasionnée par les parois ; enfin la dépense du combustible est réduite à cette compensation.

Telles sont les données de ce système, par lequel l'auteur s'est proposé de réduire à ses dernières limites la dépense du combustible :

De graduer avec précision réchauffement et le refroidissement des produits;

De les cuire uniformément, en les soumettant presque solément à l'action des gaz;

D'éviter, par conséquent, les pertes importantes qui ré-

O, OJo tioitr /ni/r& Y

Fig. 208. — Coupe longitudinale du foyer mobile de M. Barbier.

sultent du défaut de cuisson, du gauchissage, de la vitrification, de Tétonnement, etc.;

D'opérer le moulage et le séchage en tout temps et en toute saison ;

Enfin d'obtenir, par la continuité de l'action, une production considérable et économique.

Cet appareil peut s'établir facilement partout, sous les

hangars des anciennes tuileries, et sa dépense d'établissement peut être réduite aux plus faibles proportions.

Il existe en ce moment à Troyes (Aube) un four de ce système construit provisoirement et d'une manière sommaire; il cuit par 24 heures 5,000 tuyaux de drainage, et n'a pas coûté plus de 350 fr.

Quant à la production et à la dépense du combustible, l'auteur s'est livré à des expériences sur des terres de provenances diverses, et réunissant, autant que possible, les deux limites extrêmes d'aptitude à la cuisson. Il a constaté que, selon cette aptitude, les produits préparés parla continuité de l'action des gaz achèvent leur cuisson en 20 ou 60 minutes de séjour du foyer mobile devant chaque laboratoire.

De là résultent les données approximatives contenues dans le tableau suivant, établi pour des appareils dont les laboratoires auraient 70 décimètres carrés de section et lm.10 de longueur, en admettant un fonctionnement continu, et le foyer brûlant à l'heure 116 kilogr. de bois ou 50kilogr. de houille.

Quantité Durée de la cuisson Durée

de produits au grand feu dans du grand feu

contenue chaque laboratoire, pour

Nature dans selon l'aptitude chaque mille

des chaque des terres et le volume de

produits. laboratoire. des produits. produits.

minutes. h. m.

Briques pleines, petit moule \ 307 60

de Bourgogne cubant 0'".055 ; d° 50

X O'Ml X 0n,.22 <i° 40

Briques creuses de même calibre, percées de 3 trous, formant une section totale vide de Ifi centimètres carrés.. . .

Tuyaux de drainage ayant

Il M \ UL UliAI.>AUr, rtjrtlll | ,

Om. 03 de diamètre intérieur, ) y\„ 0"'.05 de diamètre extérieur et 0"'.33de longueur.

Nature

des produits.

Briques pleines, petit moule de Bourgogne, cubant 0"'.055 X O'Ml X 0m.22

Briques creuses de même calibre, percées de 3 trous, formant une section totale vide de 16 centimètres carrés. ..

Tuyaux de drainage ayant 0m.03 de diamètre intérieur, 0"'.05 de diamètre extérieur et 0m.33 de longueur

Nature

des produits.

Briques pleines, petit moule de Bourgogne, cubant 0,n.055 X O'Ml X 0m.22

Briques creuses de même calibre, percées de 3 trous formant une section totale vide de 16 centimètres cubes

Tuyaux de drmnage ayant 0'".03 de diamètre intérieur, CT.05 de diamètres extérieur et 0"'.33 de longueur

Dépense de combustible par i,ooo.

Rois.

kil.

Production

par 24 heures.

Production annuelle

pour r.oo jours

de travail.

Production annuelle

pour 5'2S jours

de travail.

Suivant la durée de la cuisson au grand feu et Timpressionnabilité des terres au refroidissement, le détournement a lieu de 8 à 16 heures après l'enfournement. Le refroidissement, selon M. Barbier, peut être activé sans danger pour les produits en diminuant la couche de sable qui recouvre la voûte. Le rayonnement profite alors au séchoir.

On comprend que le système puisse être transformé de plusieurs manières, et qu'il se prête à toutes les dispositions que la pratique pourrait désirer.

Les figures 194, 11)."», 190, 197 et 198 expliquent le fonc-

tionnement d'un appareil ayant deux cheminées latérales, le fover circulant en dedans de la ligne des laboratoires.

Dans les figures 199 et 200, on voit le même système modifié de manière à D'avoir qu'une cheminée centrale, le foyer circulant en dehors de l'enceinte des laboratoires adossés les uns aux autres et à la cheminée.

Dans les figures 201 et 202, les laboratoires sont encore rapproches; le foyer circule extérieurement: la cheminée horizontale devient commune aux deux séries de laboratoires ; la cheminée verticale est unique et extérieure, et peut desservir deux appareils jumeaux.

Enfin les figures 203, 20 i. 205 et 206 représentent un appareil locomobile que l'on peut monter et démonter facilement, puis placer sur un chariot pour servir à une usine nomade.

Les mêmes lettres, dans les figures 194 à 203, désignent les mêmes objets.

A ou A' est le mur auquel sont adossés la cheminée horizontale B et le four proprement dit D, contenant les laboratoires. Ces deux carreaux B et D s'appuient sur le massif en maçonnerie G. Les orifices H, qui régnent dans la paroi du four, de distance en distance, sont destinées à recevoir la bouche d'un foyer mobile F. Ces orifices se ferment par des registres.

Le four D communique avec la cheminée horizontale B par des bouches K, K , K ", que l'on ferme par les valves T. T. Enfin la cheminée horizontale B est en relation à son tour, au moyen d'un carreau K " muni du registre Q, avec la cheminée L L'.

La porte P sert au service; des plaques tournantes K servent à la circulation du foyer mobile F sur un chemin de fer longitudinal. Z est le séchoir.

L'appareil locomobile de M. Barbier (fig. 203) mérite de

fixer l'attention. Les détails de la disposition adoptée sont rendus par les figures 20 i, 205 et 200. Un fer d'angle r, vissé sur des barres de fer, maintient la paroi E, qui est formée d'un seul rang de briques d'environ 0m.07 de largeur, et qui est revêtue d'une enveloppe de tôle h, laissant entre la brique et cette tôle un intervalle de 0m.05 rempli de cendres, de sable ou de ciment pilé. Le four se démonte (fig. 203) en trois parties, suivant les lignes 5, 6, 7, 8, 9 et i0; 11, 12, 13, 14, 15 et 16. La cheminée verticale L (fig. 204) est en tôle, habillée d'une enveloppe en poterie m, laissant un intervalle n de 0m.04, rempli de cendres tassées; elle est munie d'un diaphragme P, pour la fermer complètement ou régler le tirage. Les briques étant démontées et chargées à part, le squelette en fer de chaque partie peut se placer tout assemblé sur un chariot, et la reconstruction peut se faire très-rapidement sur le terrain où l'on veut fabriquer de nouveau. La charpente en fer (fig. 206) qui supporte l'appareil est formée par des barres de fer sur champ D, reliées par des traverses E.

La marche du four est facile à comprendre.

Le foyer étant appliqué à l'une des bouches, la communication entre les laboratoires D (fig. 204 et 205) et la cheminée horizontale B s'établit par l'un des carneaux K, en ouvrant la valve T à une distance du foyer variable selon l'aptitude des produits à la cuisson, leur degré de siccité et la nature du combustible, par exemple à 12 mètres. Les gaz parcourent alors, à travers les laboratoires, cette distance de 12 mètres, cuisent les premiers produits et préparent les autres, en les faisant passer par tous les degrés du petit feu au grand feu, lorsque le foyer mobile s'avancera. On ferme la valve T pour en ouvrir une autre à mesure que le foyer change de place, de sorte que la cheminée est rendue en quelque sorte mobile aussi

bien que le foyer. On défourne en arrière du foyer, à mesure du refroidissement, en isolant le laboratoire qu'on veut défourner ; pour cela on fait glisser dans la voûte, à chaque extrémité du laboratoire, deux registres mobiles en tôle. Le défournement s'opère en enlevant une partie de la voûte mobile.

Il nous reste à expliquer le fonctionnement du foyer, que nous avons dit marcher le long des laboratoires. Les figures 207 et 2081e représentent, en élévation, de profil et en coupe, monté sur son double chemin de fer. Les parois et la voûte M sont en briques réfractaires. Les angles sont garnis en fers d'angle, et des cercles de fers le consolident encore au milieu. La tuyère est en fonte ou en tôle garnie de briques réfractaires; elle s'engaîne jusqu'à sa nervure g dans la bouche des laboratoires. Des registres P et S, se faisant contre-poids et manœuvres par des chaînes enroulées sur des poulies Y, ferment les portes de l'alimentation du foyer A et de la tuyère. L'entrée de Pair sous la grille se règle par un cendrier formant tiroir, et la surface libre de la grille est formée par une série de plaques étroites en fonte, glissant dans deux rainures pratiquées sous cette grille

Le massif du foyer est assis sur un châssis rectangulaire en fer, dont deux côtés parallèles forment deux essieux auxquels sont adaptées les roues R. Ces roues roulent sur les rails 0, qui forment le système supérieur du chemin de fer avec lequel on engaîne et dégaine la tuyère.

Les rails 0 sont reliés, au moyen de quatre vis V, à un second châssis rectangulaire situé au-dessous, et dont deux côtés forment des essieux portant des roues roulant sur un chemin de fer à angle droit avec le précédent.

S'il est vrai qu'un four cuisant 5,000 tuyaux par jour ne coûte pas au delà de 350 fr., ce qui s'explique par la

nature des matériaux employés dans sa construction ; s'il est vrai en même temps qu'il donne 60 pour 100 d'économie sur la cuisson, nous regarderons comme résolu le problème de la fabrication économique des tuyaux de drainage. Avec les machines peu coûteuses et portatives dont nous avons parlé pour l'épuration et l'étirage, avec les fours locomobiles, un entrepreneur pourra aller porter de place en place le bienfait du drainage, sans qu'il soit nécessaire de créer des tuileries dans les pays où les briques et les tuiles n'auraient plus tard aucun emploi probable.

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