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Pioche pour fouiller les terrains pierreux

zons; la pioche (fig. 10), pour fouiller le sol; le pic (fig. 11), pour entailler la roche ; le marteau (fig. 12), pour casser les pierres. Le pic est un instrument terminé d'un côté par une pointe aciérée, de Fautre côté par un œil dans le-

quel entre le manche, qui a une longueur d'environ 0m.80; l'outil a une longueur et une grosseur variables, suivant la

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Fig. II. — Pic pour entailler les roches.

Fig. 12. — Marteau pour casser les pierres des tranchées.

nature du terrain. Les Anglais se servent aussi avec avantage d'un instrument particulier nommé pic à pédale (fig. 13) , qu'il serait bon d'importer en France. Le tranchant bien aciéré de cet instrument pénètre facilement dans le sol, lorsqu'on Penfonce en le projetant des deux mains avec la poignée, et lorsque ensuite on appuie de tout le poids du corps en posant le pied sur la pédale. On fait, du reste, souvent sauter les plus grosses roches à l'aide de la poudre.

On dispose les pierres le long des tranchées ; et lorsque celles-ci sont arrivées aux dimensions voulues, de 0m.90 à lm.20 de profondeur, on procède à la construction du

drain. Quand les pierres sont plates ou schisteuses, on en place trois verticalement au fond de la tranchée (fig. 1 A)

Fig. 13.— Pic à pédale.

Fig. il. — Drain ordinaire en pierres plates ou schisteuses.

pour les drains ordinaires. Pour les drains collecteurs, on ménage un vide nécessaire à l'écoulement d'une quantité d'eau plus abondante, en plaçant (fig. 45) deux pierres verticalement, et en les recouvrant d'une[ troisième mise horizontalement en forme de toit.

Par dessus les grosses pierres on en met une couche de petites, et on les recouvre d'un gazon renversé et tassé, ou de genêts et de bruyères également tassés, qui sont destinés à constituer une sorte de filtre.

Quand les pierres ne sont pas schisteuses, on donne aux drains la disposition que représente la figure 16; on a soin de placer les plus grosses au fond, et les plus petites audessus.

On prétend que les racines des arbres ne peuvent péné-

trer dans les drains établis comme l'indiquent les figures 14 et i(>. tandis qu'on a vu, dans des terrains de même

Fig.15. — Drain collecteur en pierres plates ou schisteuses.

Fig. 16. — Drain ordinaire en pierres non schisteuses.

nature , les drains garnis de tuyaux se boucher par l'invasion d'un tissu de racines de salix repens; les rats ne peuvent pas non plus passer dans ces drains.

On enlève l'excédant des pierres au moyen de charrettes garnies de fer. et plus fortes que celles qui sont ordinairement employées dans les exploitations rurales.

Les frais varient naturellement , suivant les difficultés contre lesquelles on a à lutter. Ils sont compris entre 350 et 750 fr. par hectare pour le défrichement et le défoncementj et 150 à 200 fr. pour le drainage. Des ouvriers spéciaux et différents sont employés pour chacune de ces opérations. Pour le drainage, le creusement des tranchées, le eassage des pierres et le remplissage se font à la tâche; la pose des pierres s'effectue au contraire à la journée. On continue à épierrer les champs durant plusieurs années.

Charles Pictet, de Genève, dans son Cours d'Agriculture anglaise, publié en 1809 (1), décrit dans ces termes, T.VI,p.341.

d'après un travail sur les dessèchements exposé dans les Principes et la Pratique de l'Agriculture, de R. Forsyth, l'assèchement des sols humides à l'aide de pierrailles qu'il appelle des coulisses :

« La profondeur et la largeur des coulisses varient selon la nature des terres et la situation et la pente des champs. Autrefois on leur donnait trois pieds de profondeur (0,n.90); maintenant on trouve généralement que deux pieds suffisent. La règle pour la profondeur des coulisses dans les champs doit être que les animaux de labour, en marchant dans la raie ouverte , ne puissent pas déranger par leur poids les pierres ou les autres matériaux qui remplissent l'aqueduc. Les coulisses principales , savoir celles auxquelles aboutissent un grand nombre d'autres, doivent être plus profondes, parce qu'elles ont plus d'eau à conduire. Un pied de large (0ra.30) serait suffisant; et on se trouve tout aussi bien de jeter les pierres au hasard dans les coulisses que de les y arranger à la main : l'épargne du travail est considérable.

« Les pierres sont assurément ce qu'on peut mettre de mieux clans les coulisses. Lorsqu'on emploie des pierres de carrière, il faut les arranger régulièrement, en laissant six pouces (0m.15) de vide entre elles, et environ six pouces de haut. Le toit de l'aqueduc se fait en pierres plates, qui empêchent que la terre n'y pénètre. Lorsqu'on jette les pierres pêle-mêle dans la coulisse ouverte pour les recevoir, il faut avoir soin que ces pierres ne soient point chargées de terre , et que les côtés ne s'éboulent pas avec les pierres qu'on jette- dans le fossé ouvert , de peur qu'il n'en résulte ensuite que la coulisse ne s'obstrue. Avant de remettre la terre par-dessus les pierres, il convient de jeter sur celles-ci de la paille, des joncs ou des branchages. Les petites coulisses doivent

être placées à dix-huit pieds (5m.50), au plus, les unes des autres* et l'angle sous lequel elles entrent dans les coulisses principales doit être aigu, afin d'éviter les obstructions qui pourraient s'y former, s'il se rapprochait de l'angle droit. Il convient de maçonner en brique, ou en pierre, l'embouchure de chacune des petites coulisses dans la grande.

« Sir Henri Fletcher a pratiqué une manière de dessèchement pour un terrain de bonne qualité que les eaux pluviales inondaient, et ce moyen mérite d'être rapporté. La couche inférieure est de la glaise à une grande profondeur. Il fait creuser le gazon à la bêche, et il a soin de le faire conserver aussi entier qu'il est possible. Il creuse ensuite jusqu'à deux pieds (O^.GO) dans la glaise, en jetant celle-ci en dehors du fossé, mais du côté opposé à celui où on a rangé le gazon. Il emploie ensuite un instrument de dix-huit pouces de long (0m.46) , six de large

Fip. 17. — Drain prismatique construit avec des pierres.

dans le haut (0m. 13), et deux pouces seulement dans le bai O'".o:>), pour creuser dans le fond du fossé, comme

on ferait avec une bêche. Cet instrument donne sa forme à la section transversale de cette nouvelle coulisse placée au fond du fossé. On nettoie avec soin le fond de cette nouvelle coulisse , qu'on garnit ensuite avec des pierres plates, de grandeur convenable , savoir : deux dans les côtés qui se touchent dans le fond, et une troisième qui forme le toit par-dessus. De cette manière , il reste un espace vide en forme de prisme , par lequel l'eau peut librement passer (fig. \ 1). Pour terminer l'ouvrage, on place ensuite les gazons réservés par-dessus le toit de la coulisse, en ayant soin de mettre l'herbe en dessous. Sir Henri a prouvé que, lorsque la distance d'une coulisse à l'autre était plus grande que dix-huit pieds (5m.50) , le dessèchement n'était pas complet. »

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