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CHAPITRE III

Signes extérieurs du besoin du drainage

L'aspect du sol après les pluies ou pendant les grandes chaleurs, le mode de culture et la nature de la végétation, sont des caractères très-nets, à l'aide desquels il est facile de reconnaître si un champ a besoin d'être drainé.

Partout où, quelques heures après une pluie, on aperçoit de l'eau qui séjourne dans les sillons ;

Partout où la terre est forte, grasse , où elle s'attache aux souliers, où le pied, soit des hommes, soit des chevaux, laisse après son passage des cavités dans lesquelles l'eau demeure comme dans de petites citernes;

Partout où le bétail ne peut pénétrer après un temps pluvieux sans enfoncer dans une sorte de boue;

Partout où le soleil forme sur la terre une croûte dure, légèrement fendillée, resserrant comme dans un étaules racines des plantes ;

Partout où l'on voit les dépressions du terrain notablement plus humides que le reste des pièces, trois ou quatre jours après les pluies ;

Partout où un bâton enfoncé dans le sol à une profondeur de 40 à 50 centimètres forme un trou qui ressemble à une sorte de puits , au fond duquel l'eau stagnante s'aperçoit;

Partout où la tradition a consacré comme avantageux l'usage de la culture en billons;

On peut affirmer que le drainage produira de bons effets.

Que l'eau soit stagnante à la surface après les pluies, ou bien qu'elle sourde du fond , du dessous , comme disent les cultivateurs , on doit regarder le drainage comme une des plus importantes améliorations foncières qu'on puisse exécuter.

Dans tous ces cas , la végétation ne peut s'accomplir avec facilité ; les récoltes sont maigres , souvent nulles , et des plantes spéciales , qui ont trouvé ces sortes de terres hospitalières, les signalent spontanément aux yeux du visiteur exercé. La prêle, le liseron des champs, les renoncules, les joncs, les laiches, les oseilles, le colchique d'automne , sont maîtres des champs humides ou frais, et très-souvent en chassent presque toute récolte productive ; les sarclages ne peuvent les faire disparaître, mais le drainage leur ôtera l'humidité permanente nécessaire à leur existence.

Pour la pièce de terre qui a été drainée à l'ancien Institut agronomique de Versailles (ferme de la Ménagerie) , et qui est formée d'argile verte de nature 'plastique un peu calcaire , M. Boitel a déterminé la nature de la végétation spontanée qui la recouvrait : cette détermination peut servir d'exemple , et nous allons eh conséquence la reproduire. Le chiffre 100 représente, dans le tableau suivant, l'espèce la plus commune ; les autres espèces ont des chiffres de plus en plus bas, â mesure qu'elles deviennent plus rares.

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