‹ Drainage des terres arablesChapitre 8 sur 166 · INTENTION DU DRAINAGE MODERNE. I · texte numérisé non relu

INTENTION DU DRAINAGE MODERNE. I

on pense bien que le génie des Anglais, si inventif en mécanique . ne put pas laisser longtemps la question à ce point. Dès que le drainage se répandait , les machines devaient venir remplacer la main des hommes dans la fabrication des tuiles. La première machine, moulant à la fois les tuiles creuses et les tuiles plates ensemble, fut inventée par Irving en 18-42 (i). Immédiatement après, le marquis de Tweeddale, M. Ransome, puis M. Etheredge, imaginèrent d'autresmachines ayant le même objet (2). Mais faire les tuyaux souterrains de deux pièces, c'était évidemment s'imposer un double soin inutile. Substituer aux tuiles des tuyaux cylindriques fut une idée qui, au même moment, vint à M. John Read. Ce fabricant, par conséquent, a ajouté aux anciens procédés de drainage le dernier perfectionnement qui donne à cette méthode d'assainissement des terres son cachet actuel. C'est au concours de la Société d'Agriculture tenu à Derby en 1843 que se montrèrent les premières machines de ce genre ; elles donnèrent lieu à un rapport détaillé de M. Josiah Parkes, qui comprit toute leur importance et leur fit décerner des médailles d'argent. Depuis cette époque, il n'est pas d'année qui n'apporte d'heureuses modifications dans leur construction. Nous aurons à examiner les principes de ces machines, à étudier leur emploi.

Mais tout ce mouvement qui se produit en Angleterre à propos du drainage; la polémique ardente qui a lieu entre M. Smith et M. Parkes à propos de la profondeur h donner aux fossés d'écoulement; les votes du parlement qui accordent des centaines de millions d'encouragement aux travaux de drainage; les nombreuses sociétés qui sont approuvées par le gouvermenent britannique pour l'exécu-

(1) Journal of the royal, etc., t. IV, p. 370 (1843).

(2) lbid. , t. III, p. 398.

20 LIVRE I. — HISTOIRE Dl" DRAINAGE.

tion du drainage de provinces entières en Angleterre', en Ecosse, en Irlande, n'eurent-ils aucun retentissement en France? — 11 faut bien l'avouer, notre agriculture demeura plusieurs années indifférente à tout le bruit qui se faisait de l'autre coté du détroit. On restait en défiance parmi nous contre ce qu'on appelait les excentricités anglaises; et des dépenses de quelques centaines de francs par hectare, que coûtaient les premiers travaux de drainage , paraissaient un luxe que pouvaient seuls se permettre de riches milords possédés de la manie de jeter leur argent par les fenêtres, dans l'eau ou dans la terre, ce qui semblait tout un. Le mot drainage , employé pour définir la nouvelle opération, était lui-même une difficulté, parce qu'il ne fut pas tout d'abord bien compris. Enfin, nos agriculteurs lisaient bien peu encore, de 1840 à 1850, et les publications en langue étrangère ne parvenaient que lentement et rarement aux hommes les plus avides de nouveautés, à l'aide de lambeaux de traductions. C'est ainsi qu'on peut expliquer comment il est arrivé q-u'il n'ait guère été question du drainage , en France , que vers 1846.

Cependant, en 18 il , en rendant compte du voyage agricole qu'il avait exécuté durant l'année précédente en Angleterre et en Ecosse, M. de Gourcy avait parlé avec beaucoup de détails des importants travaux d'assainissement que pratiquaient grand nombre d'agriculteurs écossais. M. de Gourcy ne prononça pas, du reste, alors le mot anglais drainage ; il le traduisit par assainissement à l'aide de saignées couvertes, au fond desquelles on plaçait du gazon, des tuiles, des pierres, de petites planches de pin, du foin, de la tourbe, etc., pour y maintenir des rigoles (1).

(1) Relation dune excursion agronomique en Angleterre et en se, in-S, Lyon. 184 i .p. 78, 87, 1 13, 171.183, 224, 229,233, 252, 263.

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